Le rover chinois "Zhurong" va commencer sa mission sur Mars: "Il y a une nouvelle compétition spatiale qui a été lancée"

Un petit rover chinois, surnommé Zhurong, s’est posé avec succès sur Mars. Il a voyagé à bord de l’atterrisseur Tianwen-1, lancé en juillet 2020. L'atterrissage a eu lieu dans une zone de la planète rouge nommée "Utopia Planitia", une vaste plaine située dans l'hémisphère nord de Mars. Si tout se passe bien, les premières images en provenance du rover devraient arriver d’ici quelques heures.

Cette mission s'avérait particulièrement délicate. C’est d’ailleurs une première pour la Chine.

En 2011, le pays asiatique avait tenté d'expédier vers Mars une sonde, lors d'une mission commune avec la Russie. Mais la tentative avait échoué et Pékin s'est depuis résolu à poursuivre l'aventure seul. Après les Etats-Unis, la Chine est donc le deuxième pays au monde à avoir fait se poser un robot sur mars avec succès.

L’objectif de la mission

Ce petit robot chinois a été conçu pour fonctionner trois mois. Trois mois durant lesquels il effectuera plusieurs missions : "Il doit d’abord prendre des images bien entendu. Mais il embarque aussi des expériences scientifiques, dont une expérience d’analyse du sol", explique Christian Barbier, chef de projet au centre spatial de Liège.

Grâce à ces analyses, le rover va pouvoir envoyer des informations sur la composition du sol martien. Il s’agit en réalité d’un dispositif similaire à celui de l’autre rover posé sur Mars, Perseverance. "Les Chinois se sont de toute façon engagés à partager leurs données, car ce sont des données scientifiques après tout, et que la science n’a pas de frontières", précise Christian Barbier, "les données recueillies par ce rover seront complémentaires avec celles de Perseverance".

Zhurong conduira aussi des analyses de l’atmosphère et s’attèlera à cartographier la planète rouge.

Une course spatiale entre la Chine et les Etats-Unis ?

Le rover chinois arrive donc sur Mars quelques mois après Perseverance, le rover de la Nasa, l'agence spatiale américaine, qui a atterri le 18 février avec pour mission d'y chercher une preuve de vie passée.

Les Etats-Unis et la Chine disposent donc à présent chacun d’un robot sur la planète rouge. Cela n’empêche pas une nouvelle course à l’espace de se mettre en place. La Chine vient par ailleurs de mettre en orbite une nouvelle station, et avec elle, c’est un nouveau programme spatial qui s’amorce. Christian Barbier ajoute : "La Chine prévoit aussi des vols pilotés de 3 à 6 mois… c’est clairement une compétition qui s’annonce".

Il existe cependant des différences majeures entre les deux rovers. Celui des Chinois, par exemple, est beaucoup plus petit que celui des Américains : "Le rover chinois est plutôt de la taille des deux premiers rovers américains, Spirit et Opportunity (lancés en 2003)", développe Christian Barbier, "il est moins lourd, moins gros, mais cela n’entravera pas à la réussite de ses expériences scientifiques. On peut même espérer que ce rover chinois soit capable de dépasser sa durée de vie initiale de trois mois".

L’objectif de toutes ses missions restent en somme toujours le même, comme le dit Christian Barbier : "Collecter un maximum de données sur des traces de vies passées sur Mars, et les connaissances nécessaires pour, espérons-le cette décennie, réaliser une mission habitée".

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