Le roi d'Espagne reçoit Sanchez, en vue d'un nouveau gouvernement

Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez est reçu jeudi par le roi qui devrait le charger de former le prochain cabinet, mais le socialiste devra encore négocier avec une multiplicité de forces politiques pour être reconduit dans ses fonctions. Son investiture, qui pourrait avoir lieu début juillet, ne fait guère de doute ; aucun autre chef de parti ne dispose d’assez de voix pour tenter d’obtenir la confiance de la chambre des députés.

A droite, les conservateurs du Parti populaire, les libéraux de Ciudadanos et l’extrême droite de Vox ont promis de lui mener la vie dure, mais sont résignés à être dans l’opposition.

Pedro Sanchez devrait être désigné candidat à la présidence

Le roi Felipe VI, qui reçoit depuis mercredi au palais royal les représentants des partis de la chambre des députés, clôture à partir de 18h00 ses consultations en rencontrant Sanchez, chef du gouvernement sortant.

En tant que secrétaire général du Parti socialiste (PSOE), vainqueur des dernières élections législatives avec 123 députés sur 350, Pedro Sanchez, 47 ans, devrait être désigné candidat à la présidence du gouvernement.

"Il tire profit du fait que l’opposition face à lui est très fragmentée, ne peut pas articuler une majorité alternative", a commenté Pablo Simon, politologue de l’université Carlos III de Madrid interrogé par l’AFP.

Un gouvernement minoritaire qui chercherait des appuis au cas par cas

Mais faute d’avoir la majorité à lui seul, le PSOE va devoir négocier avec les autres forces politiques d’un paysage très morcelé : 17 partis sont représentés à la chambre.

La coalition de gauche radicale Unidas Podemos, 42 députés, s’est déjà montrée disposée à voter pour lui mais réclame en échange d’entrer au gouvernement. Le PSOE se montre très réticent et préfère un gouvernement minoritaire qui chercherait des appuis au cas par cas. Et pour décrocher la majorité des députés qui permettrait à Pedro Sanchez d’être élu, il lui faudra marchander le soutien d’une multitude de partis régionalistes. Il essaiera de se passer de celui des séparatistes catalans et basques de peur d’être accusé de brader l’unité du pays. "La fragmentation fait que le gouvernement va devoir se battre pour chaque soutien", commente Pablo Simon.

Deux semaines après des élections municipales et régionales, des tractations sont déjà engagées pour former les gouvernements des régions et les conseils municipaux des grandes villes comme Madrid et Barcelone et elles pourraient conditionner les votes à la chambre des députés.

Un difficile mandat

Une fois passé le cap de l’investiture, Pedro Sanchez ne sera pour autant pas tiré d’affaire : il devra négocier des majorités au cas par cas pour faire adopter des lois et l’épineux dossier catalan promet d’empoisonner son mandat de quatre ans. De lourdes peines à l’automne contre 12 dirigeants indépendantistes, en jugement devant la Cour suprême pour avoir tenté de faire sécession de l’Espagne en octobre 2017, pourraient encore durcir l’attitude des séparatistes catalans.

"Le climat est difficile, parce que le procès déforme tout", estime Pablo Simon. Quatre accusés en détention préventive ont été élus députés aux législatives, puis suspendus par le bureau de la chambre. Depuis le début du procès les indépendantistes au pouvoir en Catalogne multiplient les gestes de défiance envers les socialistes. Ils ont précipité les élections anticipées en refusant de voter le budget de l’Etat, puis ont empêché l’élection d’un proche de Pedro Sanchez à la présidence du Sénat.

Et les séparatistes suspendus pourraient choisir de laisser la place à leurs suppléants, ajoutant quatre voix à leur contingent. De quoi compliquer encore davantage l’adoption de lois… dont le budget 2019, toujours dans les cartons.

 

Archives : Journal télévisé 29/04/2019

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