Le Programme alimentaire mondial pourrait économiser 3,5 milliards par an

Le Programme alimentaire mondial pourrait économiser 3,5 milliards par an
Le Programme alimentaire mondial pourrait économiser 3,5 milliards par an - © JOHANNES EISELE - AFP

Le Programme alimentaire mondial (PAM) pourrait contribuer à sauver davantage de vies sous certaines conditions opérationnelles. Une amélioration de l'accès humanitaire, une stabilisation et de meilleurs systèmes alimentaires lui permettraient d'économiser 3,5 milliards de dollars par an, a-t-il dit jeudi à Genève.

800 millions de personnes ont faim

Les conflits et d'autres situations politiques, économiques et climatiques "rendent difficile l'aide à ceux qui en ont le plus besoin", estime le directeur exécutif du PAM David Beasley.

Environ 800 millions de personnes ont faim et près de 108 millions sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë dans 48 pays, rappelle l'institution.

Devant la presse, un directeur adjoint du PAM, Steven Omamo, a souligné que "la plupart de l'assistance alimentaire est garantie par les Etats eux-mêmes". Mais l'organisation aide 80 millions de personnes dans 80 pays et a demandé près de 10 milliards de dollars pour 2017.

Situations alimentaires "complexes"

Selon le rapport publié jeudi, les coûts du PAM ont progressé de près de 150% de 2009 à 2015, atteignant cette année-là 5,3 milliards de dollars. Or, les crises se sont multipliées depuis, notamment dans quatre pays touchés récemment ou menacés par la famine.

Environ 70% des dépenses sont injectés sont dans situations alimentaires "complexes" dans l'est, le centre et le nord de l'Afrique mais aussi au Proche-Orient. Davantage de liquidités dans l'assistance mais un meilleur accès humanitaire dans les 20 pays les plus touchés permettrait d'économiser 1 milliard de dollars par an, révèle le rapport qui s'appuie sur des chiffres en 2017. S'ajoutent 2,2 milliards si les 80 pays aidés se stabilisaient et plus de 400 millions si les systèmes alimentaires étaient mieux organisés.

Un type d'assistance différent

En revanche, M. Omamo ne peut estimer combien de décès pourraient être évités avec ces aménagements. "Les contextes sont tellement différents", dit-il. Le type d'assistance a aussi beaucoup changé. En 2016, la nourriture ne constituait plus que 40% alors que la part de l'argent pour acquérir des denrées a été multiplié par plus de 20 en quelques années, moins toutefois dans l'est et le centre de l'Afrique.

Le PAM demande aux pays de lutter contre les raisons des vulnérabilités de leurs citoyens et d'améliorer leur dispositif de soutien alimentaire. Pour les six prochains mois, il a encore besoin de plus de 700 millions de dollars pour le Nigeria, la Somalie, le Yémen et le Soudan du sud, où ses appels ont été financés à moins de 50% et la famine menace environ 20 millions de personnes. Celle-ci avait même duré pendant plusieurs mois au Soudan du sud jusqu'en juin.

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