Le prix Sakharov, le Nobel de la paix du Parlement européen

Julio Borges, le président de l'Assemblée nationale du Venezuela est, avec l'ensemble de l'opposition vénézuélienne, un des finalistes du prix Sakharov 2017
Julio Borges, le président de l'Assemblée nationale du Venezuela est, avec l'ensemble de l'opposition vénézuélienne, un des finalistes du prix Sakharov 2017 - © RONALDO SCHEMIDT - AFP

Chaque année, le Parlement européen décerne son prix Sakharov à une personnalité ou une organisation qui lutte pour la défense des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Les 3 finalistes de l’édition 2017 sont désormais connus…

Il n'y a pas de personnalités médiatiques. On y retrouve l'opposition démocratique au Venezuela, un pays en pleine crise politique, économique et sociale; la Guatemaltèque Aura Lolita Chavez Ixcaquic, pour sa défense de l'environnement et des droits de l'Homme; et le journaliste suédois, Dawit Isaak, détenu dans son pays d'origine, l'Erythrée, depuis 2001.

Le lauréat sera connu le 26 octobre prochain.

Pourquoi concurrencer le Nobel de la Paix ?

Mais pourquoi l’Union européenne a-t-elle créé ce prix alors qu’il existe déjà le prix Nobel de la Paix? La raison est double.
D'abord, pour saluer des hommes et des femmes courageux engagés dans la défense des droits de l'homme, de la liberté d'expression. Mais c'est aussi, pour les Européens, une façon de montrer leur propre engagement. Pensez, pour ne prendre que deux exemples, à la charte des droits fondamentaux ou l'action humanitaire de l’Union.

Pourquoi donner à ce prix le nom du dissident soviétique Andreï Sakharov ?

Ce prix a été créé par un eurodéputé français, aujourd’hui décédé. Son nom: Jean-François Deniau. En 1985, lors du vote sur la création du prix par le parlement européen, il a expliqué son choix:
"Il aurait été possible de prendre le nom de personnages très anciens et peu contestables comme Sophocle. (...) nous aurions pu choisir Érasme ou Montaigne. (…) Je ne prétends pas que Sakharov soit la personne la plus célèbre en tant que victime, mais si on veut faire comprendre le message qui est le nôtre, c’est l’homme le plus célèbre qui, ayant tous les avantages matériels et tous les honneurs, a décidé un jour d’y renoncer parce que sa conscience lui disait de le faire."

Andreï Sakharov était l’un des inventeurs de la bombe à hydrogène soviétique. C'était aussi un dissident qui avait pris la défense des victimes des procès politiques en URSS. Un dissident qui a vécu une bonne partie de sa vie assigné à domicile.

Un mot enfin de Jean-François Deniau qui aurait pu recevoir un prix pour son action pour les droits de l'homme. Il participa par exemple aux négociations de retrait des soviétiques en Afghanistan. Tour à tour commissaire, ministre, eurodéputé, diplomate, écrivain, journaliste. Jacques Chirac dira de lui à sa mort en 2007, c'était un "extraordinaire combattant de l'idéal".

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