Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad est à présent à Cuba

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad (D) et son homologue cubain, Raul Castro, le 11 janvier 2012 à La Havane, à Cuba
Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad (D) et son homologue cubain, Raul Castro, le 11 janvier 2012 à La Havane, à Cuba - © Alejandro Ernesto (AFP)

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a dénoncé la "décadence du capitalisme" mercredi à Cuba, troisième étape d'une tournée latino-américaine dans un contexte de tensions croissantes avec l'Occident autour de son programme atomique, le jour de l'assassinat à Téhéran d'un ingénieur nucléaire.

"Nous devons nous tenir éveillés, en alerte, si nous ne préparons pas nous-mêmes le nouvel ordre du monde, ce sont les héritiers des esclavagistes et les capitalistes qui nous imposeront un nouveau système", a affirmé le président iranien lors d'une conférence à l'université de La Havane, au cours de laquelle il n'a pas abordé le problème du programme nucléaire de son pays.

Arrivé à midi (17h00 GMT) avec trois heures de retard sur son programme, Mahmoud Ahmadinejad devait s'entretenir avec le président Raul Castro en fin d'après-midi.

Des médias iraniens ont évoqué une possible entrevue avec Fidel Castro, 85 ans, éloigné du pouvoir pour raisons de santé depuis 2006, mais aucune confirmation n'a été apportée côté cubain.

L'Occident le poursuit, Mahmoud Ahmadinejad cherche des appuis ailleurs

Soumis à d'intenses pressions de la part des puissances occidentales en raison de ce programme, Mahmoud Ahmadinejad effectue depuis lundi une tournée dans quatre pays latino-américains considérés comme étant hostiles aux Etats-Unis, à la recherche de soutiens.

Mahmoud Ahmadinejad est arrivé en provenance du Nicaragua où il a obtenu l'appui du président Daniel Ortega, pour qui "les pays ont le droit de développer l'énergie atomique", après celui de son "frère" vénézuélien, Hugo Chavez. Il devait se rendre jeudi en Equateur, ultime étape de sa tournée régionale.

Les tensions autour du Golfe se sont encore accentuées mercredi, après la mort d'un responsable du nucléaire iranien, Mostafa Ahmadi Roshan, tué dans l'explosion d'une bombe magnétique placée par un motard sur sa voiture.

"Cette action terroriste commise par les agents de l'oppression (Etats-Unis, ndlr) et du régime sioniste (Israël, ndlr) vise à empêcher nos scientifiques de servir" leur pays, "mais ils doivent savoir que ceux-ci sont plus déterminés que jamais (...) à avancer sur le chemin du progrès scientifique", a déclaré le vice-président iranien Mohammad Reza Rahimi.

La Maison Blanche a catégoriquement nié mercredi toute implication américaine dans l'attentat.

Lundi, c'est l'Iran qui avait franchi un nouveau cap, en annonçant avoir commencé l'enrichissement d'uranium dans une nouvelle usine, située à 150 km au sud-ouest de Téhéran.

Cuba, étape la plus proche des Etats-Unis de la tournée de Mahmoud Ahmadinejad, a défendu le droit pour Téhéran de développer l'énergie atomique à des fins civiles, bien que Fidel Castro ait critiqué en septembre 2010 le dirigeant iranien pour sa rhétorique antisémite.

Fidel Castro avait reçu Mahmoud Ahmadinejad en 2006, peu de temps après avoir remis le pouvoir à son frère Raul.

Principalement liés par leur hostilité commune à Washington, les deux pays ont des positions complémentaires dans les organisations internationales, où Téhéran condamne l'embargo américain contre Cuba et où La Havane soutient le droit pour l'Iran de disposer de l'énergie atomique civile.

AFP
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