Le président du Kosovo appelle à éviter la poursuite d'un "conflit gelé" avec la Serbie

Hashim Thaçi a fait valoir que le statu quo n'était pas viable.
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Hashim Thaçi a fait valoir que le statu quo n'était pas viable. - © EMMANUEL DUNAND - AFP

Le président kosovar Hashim Thaçi a mis en garde ce mardi contre une nouvelle décennie de "conflit gelé" avec la Serbie si le "moment favorable" actuellement pour les discussions n'était pas saisi.

Entamé en 2011 sous la houlette de la Commission européenne, le dialogue entre la Serbie et le Kosovo, dont Belgrade ne reconnaît pas l'indépendance, est au point mort depuis des mois. Ces dernières semaines, le président serbe Aleksandar Vucic et son homologue kosovar ont toutefois affiché leur volonté de relancer ce dialogue.

Les deux hommes devaient se voir à Bruxelles en septembre, mais ils ont finalement été reçus par la cheffe de la diplomatie de l'UE Federica Mogherini, chacun de leur côté.

"Si nous perdons ce moment favorable, nous risquons ensuite d'entrer dans une nouvelle décennie de conflit gelé et de statu quo", a déclaré aux médias Hashim Thaçi, à l'issue d'un sommet sur les Balkans au siège du Forum économique mondial (WEF) à Genève, auquel a également participé la Première ministre serbe Ana Brnabic.

"Il est indispensable de parvenir à un accord pacifique entre le Kosovo et la Serbie qui apportera une paix durable entre les deux pays", a-t-il ajouté.

La Serbie refuse d'entériner en l'état l'indépendance de son ancienne province albanaise, déclarée en 2008 et reconnue par plus de 110 pays dont les Etats-Unis, et les trois quarts des pays de l'Union européenne.

Cet été, Hashim Thaçi et Aleksandar Vucic ont, sans entrer dans les détails, évoqué la possibilité de modifier les frontières pour normaliser leurs relations, vingt ans après le conflit entre forces serbes et guérilla indépendantiste kosovare.

Des milliers de personnes ont protesté samedi à Pristina contre ce projet de "corrections frontalières", lors d'un des plus gros rassemblements de ces dernières années au Kosovo.

Mardi à Genève, Hashim Thaçi a critiqué ses opposants en faisant valoir que le statu quo n'était pas viable. "Ceux qui ont critiqué ces efforts n'ont donné aucune alternative", a-t-il dit.

La Première ministre serbe a elle souligné que son pays était déterminé à rechercher la stabilité régionale car c'est une clé de la croissance économique du pays.

Mais elle a rejeté toute idée selon laquelle Belgrade pourrait reconnaître l'indépendance du Kosovo: "nous reconnaîtrons le Kosovo pour ce qu'il est, la province autonome de la République de Serbie. Ce n'est pas une question ouverte".

Beaucoup de pays s'opposent à la reconnaissance du Kosovo, notamment la Russie et la Chine, ce qui lui ferme les portes de l'ONU. Cinq pays de l'UE refusent également cette reconnaissance, dont l'Espagne.

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