Le Premier ministre turc qualifie d'"hypocrites" les appels à ouvrir la frontière avec la Syrie

Le Premier ministre turc qualifie d'"hypocrites" les appels à ouvrir la frontière avec la Syrie
Le Premier ministre turc qualifie d'"hypocrites" les appels à ouvrir la frontière avec la Syrie - © KOEN VAN WEEL - AFP

Le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a qualifié mercredi d'"hypocrites" les appels à ouvrir la frontière de son pays aux dizaines de milliers de civils syriens ayant fui la vaste offensive du régime, soutenu par Moscou, contre les rebelles à Alep (nord).

"Je trouve que c'est hypocrite que certains disent à la Turquie +ouvrez vos frontières+ alors que parallèlement, ils ne disent pas à la Russie qu'+assez, c'est assez+", a-t-il affirmé lors d'une visite à La Haye pour rencontrer son homologue néerlandais Mark Rutte.

Offensive et fuite

Depuis dix jours les forces pro-régime, appuyées par des bombardements aériens russes, ont lancé une offensive majeure contre les rebelles dans la province d'Alep. Celle-ci a été lancée au moment même où l'ONU tentait de démarrer à Genève des discussions de paix intersyriennes.

Elle a fait 500 morts, dont une centaine de civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), et des dizaines de milliers de personnes fuyant les bombes se massent dans des conditions éprouvantes à la frontière turque, fermée.

"Nous laisserons entrer les Syriens qui souhaitent venir mais notre priorité est de bâtir un nouveau camp afin d'accueillir des Syriens sur le territoire syrien", a souligné le Premier ministre turc.

Il a par ailleurs qualifié l'attaque d'Alep de "nettoyage ethnique systématique (...) dont le but est de ne laisser que ceux qui sont favorables au régime". "Les droits de l'homme et la convention de Genève sont foulés aux pieds", a-t-il conclu.

Mark Rutte a quant lui appelé "toutes les parties, dont la Russie, à respecter la résolution 2254 du Conseil de sécurité de l'ONU, adoptée à l'unanimité", dont le texte réclame notamment l'instauration d'un cessez-le-feu et un accès humanitaire aux villes syriennes assiégées.

"Les attaques aériennes russes dans le nord de la Syrie semblent être en contradiction avec (cette résolution)", a soutenu M. Rutte, dont le pays assure au premier semestre la présidence tournante de l'UE.

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