Le Premier ministre tchèque retire sa démission

Le président tchèque Milos Zeman (g) et son Premier ministre Bohuslav Sobotka, le 4 mai 2017 à Prague
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Le président tchèque Milos Zeman (g) et son Premier ministre Bohuslav Sobotka, le 4 mai 2017 à Prague - © Michal Cizek

Le Premier ministre tchèque Bohuslav Sobotka a annoncé vendredi qu'il retirait sa démission initialement annoncée pour la deuxième moitié de mai et qu'il proposerait au président Milos Zeman de limoger le ministre des Finances, Andrej Babis, soupçonné de fraude fiscale.

"Je ne présenterai pas la démission. Je proposerai prochainement au président de la République de révoquer le ministre des Finances", a déclaré devant la presse Bohuslav Sobotka, en conflit ouvert avec Andrej Babis.

Il a expliqué son revirement par les divergences de vue avec le chef de l'Etat sur les modalités constitutionnelles de sa démarche.

Le Premier ministre social-démocrate a réagi aux déclarations de la veille du président Zeman souhaitant accepter uniquement la démission du chef du gouvernement et non celle de l'ensemble du cabinet.

Le chef de l'Etat a estimé jeudi soir dans une interview télévisé que "la composition du gouvernement devrait rester la même. Le seul qui devrait être remplacé, c'est le Premier ministre".

Or, selon une opinion défendue par bon nombre d'experts, la démission d'un Premier ministre entraîne automatiquement celle du gouvernement, aux termes de la Constitution tchèque, relativement vague sur ce point.

"J'espère que le président va respecter les habitudes constitutionnelles", a insisté vendredi Bohuslav Sobotka.

Rival politique de longue date de Bohuslav Sobotka, le chef de l'Etat est en revanche favorable à Andrej Babis, deuxième fortune du pays selon Forbes et homme politique le plus populaire du pays.

Le mouvement centriste ANO dirigé par Andrej Babis est grand favori des élections prévues les 20 et 21 octobre, qui à leur tour seront suivies du scrutin présidentiel trois mois plus tard.

Le gouvernement tripartite au pouvoir depuis début 2014 est formée du Parti social-démocrate CSSD, du mouvement ANO dont Babis est le président et des chrétiens-démocrates KDU-CSL.Premier

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