Le port d'Ostende fustige un projet de parc éolien français qui pourrait couper des lignes maritimes

Photo d'illustration. Des éoliennes dans le cadre du "Blyth Offshore Demonstrator Wind Farm" construites par EDF Energy Renewables au large de Blyth au nord de Newcastle.
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Photo d'illustration. Des éoliennes dans le cadre du "Blyth Offshore Demonstrator Wind Farm" construites par EDF Energy Renewables au large de Blyth au nord de Newcastle. - © WILLIAM EDWARDS - AFP

Le parc éolien que la France prévoit d’ériger au large de Dunkerque, à la limite des eaux territoriales de la Belgique, se trouve sur les routes maritimes reliant Ostende au Royaume-Uni. C’est en tout cas le constat dressé par le port d’Ostende. Le port risque de ne plus être accessible pour les ferrys à destination ou en provenance de Grande-Bretagne. Les responsables du port ostendais tirent donc la sonnette d’alarme et vont adresser ce lundi un avis juridique aux autorités françaises. "Ce parc éolien risque de mettre à mal les services de ferry que le Royaume-Uni entend relancer à la suite du Brexit", ajoute Dirk Declerck, l’administrateur délégué du Port d’Ostende au journal De Tijd. "Douvres et Ramsgate seront inaccessibles. Si le projet se poursuit, la route maritime classique, utilisée également par les autres navires, sera complètement bloquée."

Un parc de 45 éoliennes à 10 kilomètres des côtes

Les autorités françaises ont accordé le mois dernier au groupe EDF le développement d’un nouveau parc éolien à 10 kilomètres au large de Dunkerque. Ce parc, d’une superficie de 70 kilomètres carrés, se situera à la limite des eaux territoriales belges. Quarante-cinq turbines doivent s’y dresser d’ici 2026. C’est le groupement EDF renouvelables, Innogy et Enbridge qui a été retenu pour la construction et l’exploitation de ce parc qui fournit en électricité 500.000 foyers.

D’autres démarches juridiques pourraient être envisagées

L’administration du port d’Ostende a à plusieurs reprises depuis le début de cette année mis en garde le ministre en charge de la Mer du Nord, Philippe De Backer, et le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders. Les autorités belges ont pris contact avec la France mais sans réaction officielle jusqu’ici. "Le fait qu’actuellement aucun service de ferry ne soit opérationnel n’est pas important dans cette affaire", selon le professeur gantois en Droit maritime, Eric Van Hooydonk, qui épaule le port d’Ostende dans ce dossier. "Les Etats côtiers ne peuvent pas exécuter, dans leur zone de 12 milles, de constructions susceptibles d’entraver l’accès des ports de pays voisins. C’est inscrit dans la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, signée par la Belgique et la France notamment." Sans réaction de la part de la France, d’autres démarches juridiques pourraient être envisagées a ajouté l’administrateur délégué du port d’Ostende dans De Tijd.

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