Le poisson-lion, fléau des récifs coralliens

Le poisson-lion, fléau des récifs coralliens
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Le poisson-lion, fléau des récifs coralliens - © GEORGIOS KEFALAS - BELGAIMAGE

Avec sa majestueuse robe colorée et sa crinière aquatique, il a quelque chose de fascinant. Pourtant, le poisson-lion est un ennemi redoutable. Arrivé par accident dans les Caraïbes, il est en train de causer un désastre écologique.

On ne connaît pas encore la date exacte de l’arrivée du poisson-lion dans les Caraïbes, mais selon certains, ce poisson originaire du bassin Indo-Pacifique a débarqué en 1992, après la destruction d’un aquarium de Floride pendant l’ouragan Andrew.

Depuis, il connaît une invasion fulgurante. Car le poisson-lion prolifère très vite. Les femelles peuvent pondre jusqu’à 30 000 œufs tous les 4 jours. Par an, cela fait 2,5 millions d’œufs !

Problème : le poisson n’a quasiment pas de prédateur naturel dans la région. Or, il est lui-même un prédateur efficace et extrêmement agressif, capable de dévorer une vingtaine de poissons en 30 minutes. Carnivore, il mange tout ce qui se présente à lui : poissons, crabes, crevettes, poulpes, etc. Il représente donc une grande menace pour la biodiversité.

Un désert écologique

Le poisson-lion ne s’attaque pas directement aux coraux, mais il mange aussi des poissons herbivores qui nettoient le récif. Indirectement, il détruit donc de nombreux écosystèmes coralliens.

Les Bahamas ont été envahis les premiers, mais aujourd’hui, c’est toute la région de la Grande Caraïbe qui est menacée (les Bermudes, les îles Caïman, Cuba, la Jamaïque, la République dominicaine, Puerto Rico, le Honduras, le Costa Rica, Haïti, les îles Vierges, Belize, le Panama).

Eradiquer le fléau

Partout, les initiatives se multiplient pour arrêter cette invasion. Le Honduras, par exemple, a développé un programme pour apprendre aux pêcheurs et aux habitants à chasser l'intrus à l’aide de harpons.

Les scientifiques apprennent également aux gros prédateurs naturels à chasser le poisson-lion. Des carnassiers comme les mérous, les requins coralliens ou les murènes, sont mis à contribution.

L’étape suivante est de convaincre les habitants de manger le poisson-lion. Avec ses longues épines venimeuses, le poisson-lion a mauvaise réputation, mais il est comestible. En Guadeloupe et en Martinique, des restaurateurs en ont déjà fait un mets gastronomique.

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