Le passeport vaccinal, une idée qui divise les pays de l’Union européenne

Un document pourrait être délivré aux personnes vaccinées contre le Covid-19. Grâce à lui, il serait possible de partir en voyage, de retourner au restaurant ou bien d’assister à un concert. Une idée qui fait rêver mais risque d’amplifier les inégalités. Au sein de l’Union européenne, les positions des différents pays commencent à se dessiner. Les avis divergent.

Le 21 janvier, les États membres de l’Union européenne se sont mis d’accord sur une série de principes en prévision de ce fameux certificat de vaccination contre le Covid-19. L’objectif premier est d’offrir une preuve de la vaccination et d’assurer le bon traitement médical des patients. Ce document serait principalement en format numérique.

Sauver le tourisme et le divertissement

L’Islande, membre de l’espace Schengen, est le premier pays au monde à lancer son certificat vaccinal pour le coronavirus. Ceci, pour simplifier les voyages des Islandais. Le 21 janvier, environ 4800 personnes pouvaient bénéficier de ces certificats. Une initiative qui a motivé plusieurs pays. Le 4 février, la Suède et le Danemark ont annoncé préparer un passeport vaccinal pour l’été.

La Suède a prévu de développer ce certificat en version électronique. Les objectifs principaux sont la reprise des voyages et l’accès à dès événements sportifs ou culturels. Le ministre suédois du Numérique, Anders Ygeman a insisté sur les avantages de ce document : "Avec un certificat de vaccination numérique, il sera rapide et facile de prouver une vaccination complète".

Le Danemark prend des décisions similaires. Le gouvernement souhaite lancer un coronapass numérique pour voyager, aller au restaurant, assister à un concert ou à un match de foot. Il s’agirait d’une application mobile permettant aux Danois de prouver leur statut immunitaire. En plus des personnes vaccinées, les Danois testés négatifs ou porteurs d’anticorps pourront utiliser cette application pour se rendre au restaurant ou voyager, par exemple. "C’est la lumière au bout du tunnel pour de très nombreuses sociétés dans le secteur des loisirs", a commenté le directeur de la Chambre de commerce du Danemark, Brian Mikkelsen. Les usages précis du passeport seront définis après de nouvelles études sur la contagiosité des personnes vaccinées.


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Plusieurs pays dont l’économie dépend fortement du tourisme espèrent pouvoir mettre en place ce système de passeport vaccinal au plus vite. Comme la Grèce, dont le Premier ministre, Kyriakos Mitsotakis, est un ardent partisan. "Même si nous n’allons pas rendre la vaccination obligatoire ou en faire une condition préalable en cas de déplacement, les personnes vaccinées devraient être libres de voyager", a-t-il affirmé. "Il est impératif que ce problème soit résolu avant la saison estivale." L’Espagne, la Hongrie ou le Portugal sont dans la même situation.

Certains pays, comme Chypre, envisagent sérieusement d’instaurer ce passeport vaccinal mais n’ont pas encore pris de décision finale. Le ministre des Transports de Chypre, Yiannis Karousos, met déjà en place de nouvelles mesures en vue de ce passeport. Il a annoncé, début décembre, l’exemption à partir du 1er mars des restrictions de quarantaine pour les passagers présentant une preuve de vaccination.

Un débat prématuré

Si certains se montrent optimistes, d’autres préfèrent faire preuve de prudence, comme la France qui estime le débat prématuré. Le secrétaire d’État chargé des Affaires européennes, Clément Beaune, souligne qu’une trop petite quantité de personnes ont été vaccinées pour pouvoir se poser la question. "C’est un débat qui n’a pas lieu d’être et ce serait choquant, alors qu’on débute encore partout cette campagne de vaccination en Europe, qu’il y ait des droits plus importants pour certains que pour d’autres. Ce n’est pas notre conception de la protection et de l’accès aux vaccins". Le 28 janvier, à la suite d’un décompte de l’AFP, on estimait qu’environ 2% des Européens étaient vaccinés.

L’Allemagne et la Belgique abondent dans le sens de la France. Les responsables estiment que ce permis vaccinal est discriminatoire puisqu’actuellement, il serait attribué à une infime partie de la population.

Les tats membres de l’Union européenne se sont entendus sur l’adoption d’un certificat de vaccination commun. Ce document pourrait s’avérer utile à des fins médicales. Il faut alors l’envisager comme une "forme de preuve de vaccination standardisée et interopérable", a déclaré Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, le mois dernier.

A la mi-janvier, l’Organisation mondiale de la Santé s’est déclarée opposée "pour le moment" à un certificat vaccinal. Il faut encore vérifier que le vaccin bloque la transmission du virus. Amnesty International et une plusieurs organisation ont également estimé que ce passeport vaccinal pourrait accroître les inégalités à l’échelle mondiale. Aujourd’hui, dans 70 pays pauvres, seul un habitant sur dix est vacciné.


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