Jean-Claude Juncker et Boris Johnson annoncent un accord sur le Brexit. Mais...

Jean-Claude Juncker et Boris Johnson annoncent un accord sur le Brexit
Jean-Claude Juncker et Boris Johnson annoncent un accord sur le Brexit - © OLIVIER HOSLET - AFP

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a annoncé jeudi matin qu'un accord avait été trouvé sur le Brexit. Ce qui a été confirmé par Boris Johnson, le Premier ministre britannique, qui parle d'un "excellent accord". Si cet accord passe la rampe du Conseil européen, il devra ensuite être ratifié par les parlements britannique et européen.


►►► A lire aussi: L'accord sur le Brexit passera-t-il l'épreuve du sommet européen? Suivez notre direct


"Là où il y a de la volonté, il y a un accord - nous en tenons un! C'est un accord équilibré et juste pour le Royaume-Uni et l'UE. Il démontre notre engagement à trouver des solutions. Je recommande au Conseil européen de l'approuver", a tweeté Jean-Claude Juncker.  

Ce texte permet d'apporter de la sécurité juridique, de la certitude

Lors d'un point presse, le négociateur en chef pour le Brexit, Michel Barnier, s'est félicité de l'accord. 

"Nous avons tout fait, y compris ces derniers jours pour qu'ils (les leaders européens, ndlr) soient en mesure d'apprécier positivement dès aujourd'hui le résultat de cette négociation", a affirmé Michel Barnier lors d'une conférence de presse.  


►►► A lire aussi: Brexit: les principaux points d'accord entre Londres et Bruxelles


Étayant son propos, le négociateur français a souligné qu'il n'y avait pas "réellement de surprises" dans le texte "juste et raisonnable" agréé entre les deux parties.    

Il y a, certes, "quelques éléments nouveaux, en particulier sur la frontière irlandaise et la déclaration politique", mais les Etats membres ont été constamment informés de ces évolutions au cours des derniers jours, tout comme le fut le Brexit steering group du Parlement européen, a-t-il précisé.  

D'après Michel Barnier, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, s'est aussi montré confiant dans sa capacité à obtenir le soutien de son Parlement samedi. Cette question s'avère cruciale alors que la Chambre des communes a précédemment rejeté à trois reprises un précédent accord entre les 27 et Londres.  

"Je suis sobre et prudent. Moi, j'ai fait mon travail", a lancé le Savoyard. "Il faudra bien qu'un jour dans cette assemblée on prenne ses responsabilités", a-t-il ajouté, tout en précisant qu'il n'entendait pas porter de jugement sur le processus politique britannique.

Encore des obstacles

Le texte de cet accord devrait rapidement être transmis aux dirigeants de l'UE, qui pourraient l'approuver lors de leur sommet prévu à Bruxelles dès 15h00 ce jeudi.

Le président français, Emmanuel Macron, a, comme Michel Barnier, noté qu'il fallait rester prudent. 

"Maintenant, il convient de passer les prochaines étapes et instruits par le passé, il faut rester raisonnablement prudents", a-t-il ajouté devant la presse. "Cet accord permet je crois de répondre aux préoccupations politiques, techniques qui étaient à la fois les nôtres et celles des Britanniques".


►►► A lire aussi: Pourquoi l'accord sur le Brexit ne tient qu'à un fil ?


"A partir du moment où les négociateurs - ayant peut-être mieux intégré le côté britannique, les attentes et les contraintes du Parlement qui avaient conduit à un blocage il y a quelques mois -, considèrent que les conditions étaient remplies, il y a sans doute plus de chance qu'il soit ratifié."

Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar a salué l'accord, qui selon lui est "bon pour l'Irlande et l'Irlande du Nord" et "respecte une histoire et une géographie uniques".

"Pas de frontière physique. L'économie de l'île dans son intégralité et Est-Ouest peut continuer à prospérer. Le marché unique est protégé, comme notre place en son sein", a déclaré Leo Varadkar sur son compte Twitter.

Appels au rejet de l'accord en Grande-Bretagne

Boris Johnson a appelé de son côté les députés britanniques à approuver cet accord lors d'une séance parlementaire exceptionnelle samedi. Mais le parti unioniste nord-irlandais DUP, pourtant allié au Parlement britannique des conservateurs de Boris Johnson, a indiqué qu'il ne soutiendra pas l'accord, qui devrait être soumis au vote des députés samedi. Ce qui rend très incertaine son adoption par les députés.


►►► A lire aussi: Qui est Arlene Foster, cheffe du DUP, qui pourrait faire capoter l'accord sur le Brexit?


Les travaillistes, dans l'opposition, ont également appelé à un rejet. Cet accord "ne rassemblera pas le pays et doit être rejeté. La meilleure façon de résoudre le Brexit est de donner à la population le dernier mot lors d'un vote populaire", a déclaré Jeremy Corbyn, leader du Labour, dans un communiqué. 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK