Le parlement syrien reconnaît le génocide arménien, un pied de nez à la Turquie ?

Le régime de Damas et celui d'Istanbul sont à couteaux tirés.
2 images
Le régime de Damas et celui d'Istanbul sont à couteaux tirés. - © Tous droits réservés

Le Parlement syrien a officiellement reconnu ce jeudi comme "génocide" le massacre d’environ 1,5 million d’Arméniens entre 1915 et 1917, sur fond de vives tensions avec la Turquie après des affrontements meurtriers dans le nord-ouest de la Syrie.

"Le Parlement […] condamne et reconnaît le génocide commis contre les Arméniens par l’Etat ottoman au début du XXe siècle", a indiqué le Parlement syrien dans un communiqué.

Vives réactions

De son côté, la Turquie n’a pas tardé à réagir en dénonçant le vote du Parlement syrien. "C’est un acte hypocrite de la part d’un régime qui pendant des années a commis toutes sortes de massacres contre son propre peuple […] ayant causé le déplacement de millions de personnes et qui est connu pour son recours aux armes chimiques", a déclaré le ministère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.


►►► Lire aussi : Syrie : 800.000 personnes déplacées depuis décembre à cause de l’offensive de Bachar al-Assad


Montée des tensions

La tension est vive entre le régime de Damas, soutenu militairement par la Russie, et Ankara, qui appuie les groupes rebelles, depuis la mort de treize soldats turcs dans des bombardements des forces gouvernementales syriennes au cours des dix derniers jours.


►►► Lire aussi : la Turquie riposte à des tirs du régime, plusieurs morts


La Turquie fera usage de la force contre tout groupe rebelle violant le cessez-le-feu censément en vigueur dans la région d’Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, a promis jeudi le ministre turc de la Défense en réponse aux critiques de Moscou.

Un cessez-le-feu très fragile

"La force sera utilisée contre ceux qui violent le cessez-le-feu, y compris les radicaux", a déclaré Hulusi Akar.

La Turquie est présente en Syrie par le biais de 12 postes d’observation dans la province d’Idlib, dans le cadre d’un accord conclu avec la Russie et l’Iran visant à faire cesser les violences dans la région. Depuis la semaine dernière, un millier de renforts turcs ont été envoyés autour de ces postes.

La Russie accuse les rebelles soutenus par Ankara de violations des accords de cessez-le-feu.


►►► Lire aussi : comment la Russie et la Turquie se partagent le nord de la Syrie


Ce mercredi, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait déjà déclaré que son gouvernement avait enjoint aux rebelles qu’il appuie dans la région de s’abstenir de toute action indisciplinée qui donnerait aux forces syriennes des prétextes pour mener leurs frappes.

Selon un responsable turc, des discussions sont parallèlement en cours avec la Russie pour prévenir toute nouvelle flambée de tensions.

Selon l’Onu, l’offensive de Damas et Moscou dans la région d’Idlib a fait plus de 800.000 déplacés depuis le 1er décembre.
 

Comment la Turquie et la Russie se partagent le nord de la Syrie ?

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK