Le Parlement européen réclame l'interdiction des "robots tueurs"

Le Parlement européen réclame l'interdiction des "robots tueurs"
Le Parlement européen réclame l'interdiction des "robots tueurs" - © OMER MESSINGER - AFP

Le Parlement européen a adopté cette semaine à Strasbourg une résolution réclamant l'interdiction des armes échappant à un contrôle humain significatif lors du choix et de l'attaque des cibles.

Certains pays et certaines industries sont en train de développer des systèmes d'armes létales autonomes, aussi connues sous le nom de "robots tueurs".

Il s'agit notamment de missiles capables de sélectionner leurs cibles ou de machines d'apprentissage dotées de compétences cognitives permettant de décider qui attaquer, quand et à quel endroit.

"Les machines ne peuvent pas prendre des décisions comme les hommes", car ce sont les humains qui demeurent responsables des décisions qui concernent la vie ou la mort, affirment les eurodéputés dans leur résolution, adoptée à une très large majorité.

Ils appellent la Commission européenne et les États membres à trouver une position commune en ce sens, et à défendre une interdiction à l'échelle internationale.

"Nous entrons dans un monde où les drones peuvent faire feu et tuer sans nécessité pour l'homme d'appuyer sur la gâchette", a reconnu la Haute représentante de l'UE pour la politique étrangère et de sécurité, Federica Mogherini, dressant un parallèle avec les scientifiques qui ont prévenu des dangers de l'arme nucléaire il y a plus d'un demi-siècle.

Elle rappelle qu'au début de ce mois, un groupe d'experts gouvernementaux des Nations unies s'est accordé sur le commencement d'une définition de principes de base, pour la plupart en phase avec la position en cours d'élaboration au sein de l'UE.

Ce groupe souligne que la législation internationale humanitaire doit s'appliquer à tous les systèmes d'armes, et que toute arme doit rester sous contrôle humain. Il s'accorde à dire que la Convention des Nations unies sur certaines armes classiques doit s'appliquer aussi aux armes de ce type.

"Ce n'est qu'un premier pas, après plusieurs échecs, et il n'y a pas encore d'accord sur une réglementation. Le travail se poursuivra au sein de ce groupe d'experts l'an prochain", a commenté Mme Mogherini. Cette dernière mettra aussi la question à l'ordre du jour d'un prochain conseil des ministres européens de la Défense.

Elle dit souhaiter continuer à explorer, avec l'industrie, les chercheurs et les organisations représentatives de la société civile, "les immenses possibilités de l'intelligence artificielle, tout en garantissant le plein respect des droits humains."

Il est presque certain que des pays comme les Etats-Unis, la Russie, la Chine, Israël, la Corée du sud et le Royaume-Uni travaillent à l'élaboration de tels systèmes. Selon Neil Davison du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), ils existent même déjà.

Au niveau des Nations unies, 26 gouvernements réclament actuellement l'interdiction des robots tueurs. La campagne "Stop Killer Robots" est soutenue par 70 organisations de 30 pays, selon ses organisateurs.

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