Le Parlement européen donne son feu vert aux accords controversés entre l'UE et le Vietnam

L'accord de libre-échange prévoit l'élimination quasi complète des droits de douane.
L'accord de libre-échange prévoit l'élimination quasi complète des droits de douane. - © Linh Pham - Getty Images

Le Parlement européen a donné mercredi son feu vert aux accords controversés de libre-échange commercial (ALE) et de protection des investissements (API) avec le Vietnam, dans l’espoir de renforcer sa position commerciale dans le monde mais aussi, selon ses partisans, de pousser la dictature communiste à améliorer ses conditions sociales, environnementales et le respect des droits humains.

Ces accords sont présentés par l’Union européenne comme les plus ambitieux qu’elle ait jamais conclus avec un pays en développement.

Ils sont dénoncés par de nombreuses associations de défense des droits de l’homme et de l’environnement, mais applaudis par les partisans du renforcement du multilatéralisme commercial de l’UE dans le monde, en période de repli protectionniste et de fortes tensions avec les deux plus grandes économies de la planète, Etats-Unis et Chine.


►►► Lire aussi : Union européenne – Vietnam : les enjeux de l’accord commercial


Le vote de l’ALE a été acquis par 401 voix pour, 192 contre et 40 abstentions, celui de l’API par 407 voix pour, 188 contre et 53 abstentions.

Le premier accord entrera en vigueur lorsque les gouvernements des Vingt-Sept l’auront approuvé au Conseil. Mais comme l’a clarifié récemment la cour de Justice de l’UE, le second devra être mis au vote dans tous les États membres selon les procédures propres à chacun d’eux, ce qui inclut en Belgique les parlements des entités fédérées.

L’accord de libre-échange prévoit l’élimination progressive quasi complète (99%) des droits de douane entre les deux parties. Il réduit de nombreux obstacles non tarifaires et ouvre les marchés des services et les marchés publics vietnamiens aux entreprises de l’UE.

Nouvelles perspectives économiques pour l’Europe en Asie

Pays de 95 millions d’habitants, le Vietnam est le deuxième plus grand partenaire commercial de l’UE au sein de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) après Singapour. Il est vu comme une nouvelle étape vers un accord commercial plus large avec cette région.

Les principaux produits importés du Vietnam dans l’UE sont les équipements de télécommunication, le textile et les produits alimentaires, autant de produits de consommation courante sur lesquels les normes convenues avec l’UE devront à l’avenir prévaloir. L’UE, quant à elle, exporte principalement des machines et matériels de transport, des produits chimiques et agricoles.

De nombreuses ONG ont dénoncé l’absence de garanties suffisantes consenties par Hanoï pour la défense des droits de l’homme, des normes de travail décent et des engagements climatiques et environnementaux de l’Union.

Mais les partisans de l’accord, dont le rapporteur parlementaire Geert Bourgeois (N-VA, ECR), font valoir les engagements pris par le Vietnam pour mettre en œuvre des normes fondamentales de l’Organisation internationale du travail et des conventions des Nations unies sur la lutte contre le changement climatique ou la protection de la biodiversité. En cas de violation des droits de l’homme, l’accord commercial peut être suspendu.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK