Le Parlement britannique approuve la tenue de législatives anticipées en juin

Le Parlement britannique a approuvé mercredi le projet de la Première ministre conservatrice Theresa May de tenir des législatives anticipées le 8 juin, avant l'entrée dans le vif des négociations du Brexit.

Les députés ont validé l'organisation du scrutin par 522 voix contre 13, dépassant largement la majorité des deux tiers requise, après une heure et demie de débats.

S'adressant aux députés avant le vote, Mme May, dont l'annonce a pris tout le monde de court mardi, a affiché sa volonté d'obtenir un mandat fort des électeurs afin de mener le Brexit à bien.

Encaisser toutes les concessions

Le feu vert des députés était attendu puisque les principaux partis d'opposition ont indiqué qu'ils approuvaient l'organisation du scrutin. Jeremy Corbyn, le chef du Parti travailliste, avait immédiatement annoncé qu'il y était favorable, même s'il joue sa tête en cas de déroute du Labour.

Les travaillistes sont en effet distancés de plus de 20 points par les conservateurs dans les derniers sondages. Une faiblesse dont Mme May veut profiter pour conforter sa majorité de 17 sièges. Les premières projections indiquent que les Tories pourraient porter leur majorité à plus de 100 députés, dans une Chambre des Communes qui compte 650 sièges.

Mme May avait démenti pendant des mois vouloir bouleverser le calendrier électoral et n'a donc pas échappé aux accusations d'opportunisme, même si elle a assuré que ses opposants ne lui avaient pas laissé le choix.

Malgré le soutien apporté en mars par le Parlement au déclenchement de la procédure de divorce avec l'UE, elle dit craindre des blocages qui affaibliront la position de Londres dans les négociations avec Bruxelles, qui doivent démarrer début juin.

Mais pour un diplomate européen, "la bonne nouvelle côté européen, c'est que du coup elle sera moins fragile pour encaisser toutes les concessions qu'elle devra faire".

Déni démocratique

Pour la Commission de Bruxelles, ces élections ne modifient pas le calendrier. "Les négociations devaient commencer au mois de juin de toute façon", a indiqué son porte-parole en chef, Margaritis Schinas.

Tim Farron, le chef du parti libéral-démocrate, pro-UE, préfère y voir une "chance pour changer la direction" prise par le Royaume-Uni et "éviter le désastre d'un Brexit dur", impliquant une sortie du marché unique.

Le jeu n'est pourtant pas dénué de risques pour Theresa May, en particulier en Ecosse où le Parti national écossais (SNP, au pouvoir), pro-UE, compte utiliser le scrutin pour légitimer le nouveau référendum d'indépendance qu'il réclame.

"Si le SNP l'emporte dans les circonscriptions écossaises, la tentative de Theresa May de bloquer" le référendum "se réduira en poussière", a tonné la Première ministre de l'Ecosse, Nicola Sturgeon, devant le Parlement de Westminster.

Mme May pourrait aussi être confrontée à la lassitude des électeurs, qui vont connaître leur quatrième vote crucial en quatre ans, après le référendum sur l'indépendance de l'Ecosse en 2014, les législatives de 2015 et le référendum sur le Brexit en juin 2016.

Alors que la campagne électorale n'est même pas encore lancée, Mme May a déjà provoqué la polémique en déclarant qu'elle ne prendrait pas part à un débat télévisé avec les autres chefs de partis, qui l'ont accusée de "déni démocratique".

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

Recevoir