Le Pape dénonce le terrorisme commis au nom de Dieu

RTBF
RTBF - © RTBF

Le pape Benoît XVI a dénoncé le terrorisme religieux commis au nom de "fausses divinités", lundi, en ouvrant les travaux du synode sur le Moyen-Orient réuni au Vatican jusqu'au 24 octobre.

Devant l'ensemble des pères synodaux réunis dans une salle spécialement conçue pour ces réunions, Benoît XVI a critiqué les "fausses divinités" érigées par la société actuelle.

Il a notamment cité "le pouvoir de l'idéologie terroriste". "C'est apparemment au nom de Dieu que sont commises ces violences mais ce n'est pas Dieu, ce sont de fausses divinités qui doivent être démasquées", a-t-il martelé alors que plusieurs pays du Moyen-Orient connaissent une montée du fondamentalisme musulman.

Le pape a aussi classé parmi ces "fausses divinités" les "capitaux anonymes qui rendent les hommes esclaves, qui ne sont plus des choses qu'ils régissent mais au service desquelles ils se mettent, par lesquelles ils souffrent et meurent aussi".

Il a également mis dans cette catégorie "la drogue qui comme une bête vorace prend dans ses griffes la terre entière et détruit" et le "mode de vie propagé par l'opinion publique actuelle" où "le mariage ne compte plus" et "la chasteté n'est plus une vertu".

La journée a aussi été marquée par la présentation du document de travail préparatoire (Instrumentum Laboris) de ce synode. Remis symboliquement par le pape aux Églises du Proche-Orient, sur l'île de Chypre, le 6 juin dernier, il adopte un ton sans concession vis-à-vis de l'islam radical -un ton qui n'a pas été celui du pape dimanche.

Conflit israélo-palestinien en question

Le synode, le plus court jamais organisé, intitulé : "L'Eglise catholique au Moyen-Orient: communion et témoignage", rassemble 185 "pères synodaux" - 140 de rite oriental et 45 de rite latin -, 36 experts et 34 auditeurs. L'arabe y est une langue officielle.

Les Eglises orthodoxes participent également aux travaux, durant lesquels deux représentants de l'islam dont l'ayatollah chiite iranien Seyed Mostafa Mohaghegh Ahmadabadi, et un du judaïsme, le rabbin David Rosen, prendront la parole, respectivement les 14 et 13 octobre.

Pendant deux semaines, les quelques 180 évêques discuteront des enjeux de la région du Moyen Orient, notamment du conflit israélo-palestinien et de l'islamisation de l'Irak. Au terme des deux semaines, un "message" du synode sera publié. Cette première synthèse sera également accompagnée de "propositions" concrètes, votées en assemblée synodale. Transmises au pape, ces "propositions" lui serviront à écrire, d'ici à plusieurs mois, une "exhortation post-synodale" qui restera le document de référence de ce synode ; Benoît XVI restant libre de retenir, ou de rejeter, telle ou telle proposition.


VG avec AFP