Le nombre de demandes d'asile à la hausse en Europe en 2019, avec un boom depuis l'Amérique latine

Le nombre de demandes d’asile à la hausse en Europe en 2019, avec un boom depuis l’Amérique latine
Le nombre de demandes d’asile à la hausse en Europe en 2019, avec un boom depuis l’Amérique latine - © Matt Cardy - Getty Images

Les États de l’UE (Royaume-Uni compris), additionnés de l’Islande, du Liechtenstein, de la Norvège et de la Suisse, ont enregistré l’an dernier un total de 738.425 demandes d’asile, une première augmentation sur base annuelle (+11% par rapport à 2018) depuis 2015 et sa "crise de l’asile", ressort-il jeudi d’un rapport du Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO). 27.460 de ces demandes ont été introduites en Belgique (+22%), avec l’Afghanistan comme première origine des demandeurs (12%).

Au niveau de l’UE + dans son ensemble, ce sont les Syriens (11%) qui sont les plus nombreux à demander l’asile. L’Allemagne à elle seule reçoit 22% des demandes.

Des chiffres proches de ceux de 2017

Si le total est en augmentation par rapport à 2018, il reste proche des chiffres de 2017 (735.005). La recrudescence est entre autres due à un boom des demandes de la part de Vénézuéliens (+103%) et des Colombiens (+214%), observe l’EASO. Les Vénézuéliens sont même devenus la troisième nationalité en termes d’importance (45.645) parmi les demandeurs, derrière les Syriens (80.205) et les Afghans (60.700). "Le Vénézuela connaît désormais la plus grande crise des réfugiés au monde", a commenté Giulia Lagana, analyste à l’Open Society European Policy Institute.

Si de nombreux pays ont fait des efforts pour tenter d’accélérer la prise en charge, spécifiquement des publics les plus fragiles comme les mineurs non accompagnés, le traitement d’un dossier en première instance reste (trop) long, pointe le Bureau européen qui parle d’un dépassement fréquent de la limite légale des six mois. Globalement, 40% des demandes ont abouti en première instance à l’octroi d’une forme de protection (statut de réfugié, protection subsidiaire, etc.). C’est un taux qui reste stable par rapport à 2018, mais les différences d’un pays à l’autre sont cependant énormes.

Près d’un million de dossiers en attente, 29.000 rien qu’en Belgique

Depuis 2015-2016, un arriéré important s’est créé, qui continue de peser sur la plupart des administrations nationales compétentes. Il y avait près de 912.000 dossiers en attente en fin d’année, dont environ 29.000 rien qu’en Belgique où l’arriéré a crû de 49%.

Entre-temps, la crise du coronavirus a fait chuter les demandes ces derniers mois et a donc permis aux différents pays de rattraper partiellement leur retard, mais il est attendu que les demandes repartent rapidement à la hausse. La spectaculaire chute des demandes à cause de la pandémie n’est d’ailleurs pas une bonne nouvelle. Elle est due à la fermeture de nombreux bureaux. "Cela veut dire que des hommes, des femmes et des enfants tentant d’atteindre un lieu sûr sont coincés aux frontières, souvent dans des campements dangereux, insalubres, ou sont emprisonnés dans des camps libyens", commente Giulia Lagana.

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