Présidentielle française: le "ni-ni" est-il arrivé en deuxième position lors du second tour?

Parmi les nombreux aspects historiques de scrutin présidentiel du 7 mai, on retiendra le taux inédit de l’abstention. Avec plus d’un quart des inscrits qui ne s'est pas rendus aux urnes, c’est un record jamais atteint depuis 1969. Les votes blancs et nuls ont, eux aussi, atteint un score jamais vu sous la Ve République.

Le Pen troisième ?

Selon Jean-Luc Mélenchon, non seulement, Marine Le Pen est largement défaite, mais elle arrive même troisième de l'élection!

Comment peut-il dire qu'une candidate arrive troisième dans une élection à deux candidats? Simplement parce que les résultats généralement exprimés donnent le pourcentage des votes valables exprimés et ne tiennent donc compte ni des abstentions, ni des votes blancs.

 

L'abstention deuxième "force"

Lorsque l'on dit qu'Emmanuel Macron a obtenu 66,10% des voix, contre 33,9% pour Marine Le Pen, cela signifie en réalité que parmi les 74,62% de Français inscrits sur les registres qui se sont rendus au bureau de vote, et une fois qu'on a enlevé de l'ensemble des les votes blancs ou nuls, 66,10% des bulletins valables étaient estampillés Macron.

Si l'on compare ces chiffres au nombre de Français inscrits, cela donne ceci : 43,63% (c'est-à-dire 66% des 75%) seulement d'entre eux ont voté pour Emmanuel Macron (20,75 millions sur 47,56 millions d'inscrits), 25,44% ne sont pas du tout allés voter (12,1 millions), 22,38% lui ont préféré Marine Le Pen (10,64 millions), et 8,56% ont voté nul ou blanc (4 millions). 

Si l'on additionne les votes blancs aux abstentions, cela donne donc 34% de "Ni-ni", soit un score bien supérieur à celui de Marine Le Pen.

Des motivations diverses

Toutefois, il faut reconnaître que cette addition est quelque peu artificielle. Si cette force du "Ni Le Pen, ni Macron" existe bien, elle est très hétérogène.

Ainsi par les abstentionnistes ou les électeurs qui ont déposé un bulletin blanc ou nul dans l’urne, certains ont refusé de voter Macron parce qu’ils le jugent trop libéral. D’autres ont pu faire le même choix pour la raison inverse, parce qu’ils ne le jugent pas assez à droite.

Tous sont en tout cas tous d’accord pour dire que l’alternative Macron/Le Pen ne les satisfaisait pas.

 

Note: cet article a été édité mardi à midi, pour corriger une petite erreur de calcul

 

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