Séisme: bilan toujours provisoire d'au moins 40 morts au Népal, 17 en Inde

Des secouristes recherchent des survivants à l'aide d'un chien renifleur dans les décombres d'une maison qui s'est effondrée à la suite du séisme, le 12 mai 2015.
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Des secouristes recherchent des survivants à l'aide d'un chien renifleur dans les décombres d'une maison qui s'est effondrée à la suite du séisme, le 12 mai 2015. - © PRAKASH MATHEMA - AFP

Un séisme de magnitude 7,4 a touché le Népal ce mardi, selon l'Institut d'études géologiques des États-Unis (USGS). Selon le dernier bilan, il y aurait au moins 40 morts et plus de 1129 blessés, ainsi que 17 victimes en Inde et une au Tibet. Un tremblement de terre de magnitude 7,8 avait déjà dévasté le Népal le 25 avril, faisant au moins 8046 morts et plus de 17 800 blessés selon les derniers chiffres des autorités locales.

Les habitants de la capitale du pays, Katmandou, ont fui leur logement peu après la secousse qui s'est produite à 12h35 locales et et a duré environ une minute, selon une journaliste de l'AFP.

L'épicentre se situerait au sud-est de Zham, à la frontière sino-népalaise, non loin du Mont Everest et à environ 83 kilomètres à l'est de Katmandou. 

Sur les 75 districts que compte le pays, 32 ont été touchés par le nouveau tremblement de terre. "Dolakha et Sindhupalchowk, situés à l'épicentre, ont été les plus durement touchés. Nous nous attendons à ce que certains villages situés dans ces zones soient complètement dévastés, alors que ces régions n'avaient pas été épargnées par le premier séisme", indique un porte-parole du ministère de l'Intérieur.

Les nouvelles secousses ont également provoqué des dizaines de glissements de terrain.

"Tous les enfants étaient dehors, Dieu merci"

Les premières secousses ont duré environ une minute, selon une journaliste de l'AFP à Katmandou, faisant vibrer le sol.

"Nous l'avons ressenti et immédiatement une foule immense s'est mise à courir en tous sens", a dit Suresh Sharma, qui était alors au marché. "C'était effrayant et j'ai eu du mal à sortir", a ajouté cette femme de 63 ans. "La dernière fois, lors de l'énorme séisme, j'étais sortie en courant de ma maison, m'en sortant de justesse. J'ai eu la même impression pour celle-là. Je ne peux pas y croire, cela recommence."

À Katmandou, des sirènes ont retenti dans la ville et le séisme a provoqué des scènes de panique à la mi-journée, ont rapporté des témoins et un responsable de la police. Les commerçants de la capitale ont fermé leurs échoppes et les rues se sont remplies en peu de temps de personnes retournant chez elles pour voir si leur famille et leurs biens étaient touchés.

Selon Rhita Doma Sherpa, infirmière à Namche Bazaar près de l'épicentre, la nouvelle secousse a fissuré plusieurs bâtiments, dont une école, mais n'a pas fait de dégâts majeurs. "C'était l'heure du déjeuner. Tous les enfants étaient dehors, Dieu merci", a-t-elle déclaré.

Toujours selon l'USGS, le tremblement de terre été suivi par une demi-douzaine de répliques, dont une a atteint la magnitude 6,3.

Premiers bilans

Au moins 40 personnes ont été tuées et 1129 blessées au Népal, d'après le dernier bilan officiel fourni par les autorités.

"Nous recevons des informations selon lesquelles les gens ont quitté leurs maisons et leurs abris temporaires. C'est tout ce que nous savons pour le moment", avait déclaré Ram Prasad Sharma, un responsable du ministère de l'Intérieur.

L'Organisation des Nations unies pour les migrations (OIM) a indiqué que de nombreux bâtiments se sont effondrés, notamment dans le district de Chautara, ville proche de l'épicentre où au moins quatre personnes ont perdu la vie. Plusieurs blessés ont également été transportées vers l'hôpital.

"Selon les informations obtenues sur le terrain, quatre personnes ont été tuées dans l'effondrement d'immeubles", toutes à Chautara, a déclaré Paul Dillon, porte-parole de l'OIM, à l'AFP.

Trois gros glissements de terrain se sont produits dans cette même région de Sindhupalchowk, frontalière du Tibet, où l'on signale au moins 12 blessés, ont annoncé les autorités locales.

Des bâtiments "effondrés", des équipes injoignables

Contacté par nos soins, Jean-Christophe Ryckmans, directeur international Europe et Népal de l'association belge Child Protection Centers and Services (CPCS), explique que ses équipes basées à Katmandou ont pu lui faire part de la situation dans la capitale : "J'ai pu joindre nos équipes à Katmandou, elles sont saines et sauves, rassure-t-il. Des bâtiments déjà fragilisés par le premier séisme se sont effondrés, mais les gens sont, entre guillemets, déjà plus habitués et les techniques de secours mieux maîtrisées."

"Difficile cependant d'avoir une vision globale des conséquences... J'espère vraiment que la population a eu le réflexe de sortir des habitations", ajoute-t-il.

"Plus inquiétante" encore est la situation dans la région de Dolakha, nettement plus proche de l'épicentre de ce nouveau tremblement de terre : "Nous n'arrivons pas à contacter nos trois équipes dans cette région, ils sont supposés être sur les routes, car ils allaient livrer du matériel aux populations toujours dans le besoin depuis la première secousse."

"Nous communiquons essentiellement par Facebook et via quelques SMS, c'est un peu le seul moyen de se tenir informer. On s'attendait à de nouvelles secousses, mais pas au-delà d'une magnitude de 6,5..."

Le journal hebdomadaire Nepali Times rapporte notamment les images d'un immeuble de quatre étages qui s'est effondré à la suite de la violente secousse, précisant sur son site web que des personnes pourraient se trouver sous les décombres.

"La panique s'est vraiment emparée des gens ici"

Une vidéo prise à l'aéroport de Katmandou a été publiée sur Twitter par le correspondant de Channel News Asia, Jack Board : "La panique s'est vraiment emparée des gens ici, écrit-il. Ils ont déjà vu cela avant. Tout le monde va bien, mais on en tremble encore." Dans un autre tweet : "Les gens sont toujours sur le tarmac de l'aéroport KTM (l'aéroport international Tribhuvan, ndlr), beaucoup d'entre eux sont au téléphone."

Les autorités népalaises ont par ailleurs fait savoir que l'aéroport - le seul du pays - a été fermé. Plusieurs avions ont été détournés.

La police népalaise appelle la population à rester à l'extérieur des bâtiments et à lui laisser le champ libre. Elle demande par ailleurs de préférer les SMS aux coups de fil, pour ne pas saturer le réseau.

Le centre des opérations d'urgence népalais a écrit pour sa part: "Priez le Tout-puissant : que les Népalais soient sains et saufs dans cette période difficile".

L'Inde également secouée : 17 morts

L'Inde a également été durement touchée : 17 personnes sont décédées et 39 ont été blessées, ont indiqué des sources officielles.

Seize personnes ont perdu la vie dans l'État de Bihar alors qu'une victime supplémentaire a été recensée dans l'État d'Uttar Pradesh, a indiqué un porte-parole du ministère indien du Logement. De nombreuses maisons et immeubles se sont effondrés dans ces régions.

Le métro ne circule plus dans la capitale de l'État de Bihar, Patna, alors que des images montraient des enfants évacués d'écoles. Les autorités locales étaient en train d'évaluer l'ensemble des dégâts. Ces deux États situés au nord-est de l'Inde sont voisins du Népal.

Au Tibet, le séisme a également fait une victime : un automobiliste a été tué par des chutes de pierres. D'importants dégâts matériels ont aussi été enregistrés. "Selon le gouvernement local, des maisons endommagées par le précédent séisme se sont effondrées. Depuis, leurs habitants ont été déplacés en lieu sûr et vivent sous des tentes, aucune victime n'a été enregistrée jusque-là", a dit un haut fonctionnaire du bureau sismologique régional à l'AFP.

T. Mignon et agences

Comme on peut le voir sur les vidéos ci-dessous, les habitants semblent avoir rapidement évacué les bâtiments dès le début du tremblement de terre.

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