Un an après l'attentat, le marché de Noël de Strasbourg, entre magie et souvenir

Sur le marché de Noël de Strasbourg règne cette année une ambiance un peu particulière. Personne n'a oublié l'attentat de l'année dernière : le 11 décembre 2018, cinq personnes étaient tuées, une dizaine blessées. Mais la magie de Noël semble, malgré tout, exercer son pouvoir.

Pas de blues chez les exposants

Un peu avant 11h, le marché de Noël de Strasbourg s'éveille doucement. Les rues sont encore désertes. Les commerçants ouvrent les volets de leur chalet. Didier Chehadeh est franco-syrien, il vend des savons d'Alep. Le 11 décembre de l'année dernière, il était dans son magasin, pas très loin du lieu où la fusillade a commencé : "Je voyais des gens entrer dans la boutique. Il y en avait beaucoup. Je me demandais pourquoi tant de clients arrivaient en masse. Ils étaient en train de fuir. Ce sont des choses qu'on n'oublie pas. Mais on ne va pas se laisser faire. On ne va pas baisser les bras"

En face de son chalet, il y a celui de Jacques Bauer. Il est l'un des plus anciens exposants de ce marché. Ca fait 33 ans qu'il y participe :"L'idée est là, que ça peut arriver à n'importe quel moment. Il faut vivre avec ça, quel que soit l'endroit où on est. Le marché de Noël est une cible privilégiée. Mais il ne faut pas y penser. Enfin, il faut y penser sans être complètement traumatisé".

 

Des visiteurs présents en nombre

Dès 11 heures, les allées de cet immense marché se remplissent. Visiblement, le souvenir de cet attentat n'a pas dissuadé les touristes. Certains exposants estiment même qu'ils sont plus nombreux que l'année dernière. Chez les visiteurs, on retrouve le même sentiment que chez les exposants : ils ne veulent pas que la peur soit la plus forte. C'est le cas de cette touriste venue spécialement de Paris : "Vous savez, on est parisiens. On a l'habitude des attentats. On ne peut pas passer tout notre temps à penser à ça. Noël, c'est quand même une fête. Il faut passer au-dessus de tout ça".

Il faut dire que tout a été fait pour rassurer les visiteurs. La préfecture ne communique pas de chiffre précis sur le nombre de policiers et de gendarmes déployés. Il y en aurait plusieurs centaines, répartis sur les 11 sites que compte le marché. Certains sont en uniforme, d'autres en civil. 

Et puis, des rues ont été barrées. Les piétons doivent obligatoirement passer par un des 16 points d'entrée. Là les sacs sont fouillés. Et même si la température dépasse à peine zéro degré, les visiteurs doivent ouvrir leur manteau. Ca prend un peu de temps. Mais les touristes semblent comprendre la situation : "Ca fait partie du quotidien. Si on veut un peu de sécurité, il faut se soumettre à ça".

Ces contrôles débutant à 11h, l'heure où les stands ouvrent leurs volets. Du coup, ceux qui arrivent un quart d'heure avant peuvent entrer sans subir la moindre fouille. Une faille pour certains. Pas pour le sous-préfet chargé des mesures de sécurité, Dominique Schuffenecker : "Il faut bien que la ville continue de vivre et d'être approvisionnée. Et puis il y a une forte présence policière. Je pense donc que le marché de Noël est bien sécurisé. Mais on est tous d'accord pour dire que le risque zéro n'existe pas".

 

Un marché féérique

Malgré ces mesures de sécurité, malgré la présence policière, le marché de Noël de Strasbourg a réussi à garder son aspect féérique. Et c'est à la tombée de la nuit que la magie exerce tout son pouvoir. Les quelque 300 chalets sont tous illuminés. Les façades rivalisent d'imagination pour être les plus belles. Sur la place Kléber, le sapin, immense, fait le nombre des touristes : tous veulent y faire une photo.

Alors, cette année encore, deux millions de touristes devraient déambuler dans ce marché, considéré comme un des plus beaux d'Europe.

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