Le Luxembourg, un Eldorado pour les "réfugiés de l'euro" portugais?

Dans les rues de Luxembourg
Dans les rues de Luxembourg - © RTBF

Un pays en crise, des mesures d’austérité, un taux de chômage de 15%. De plus en plus de Portugais quittent le pays. Destination : le Brésil, l’Angola… ou le Luxembourg, où vit déjà une importante communauté portugaise. Mais au Luxembourg aussi la crise a eu un impact. Découvrez notre reportage vidéo ci-contre.

Dans les rues de Luxembourg, les passants parlent fançais, allemand, luxembourgeois… et portugais. La communauté lusophone est en effet très importante au Grand-Duché. Près de 80 000 personnes sur 500 000 habitants. Des personnes arrivées dans les années 50, 60, 70 ou 80. Mais, depuis 2008, le Luxembourg connaît une nouvelle "vague d’immigration" portugaise : entre 4000 et 5000 Portugais fuyant la crise viennent y tenter leur chance. En 2012, ce nombre pourrait atteindre 6000.

Les profils de ces nouveaux arrivants sont divers. Quelques jeunes tout juste sortis de l’université et qui ne trouvent pas d’emploi au Portugal. Il se retrouvent alors dans l’horeca ou la construction au Luxembourg avant que leurs compétences soient reconnues. Ou des parents, qui se retrouvent au chômage et préfèrent tout quitter, emmenant avec eux leurs enfants, même au milieu d’une année scolaire. Amilcar Monteiro, assistant social chez Caritas Luxembourg, nous a confié avoir entendu parler d’une famille nouvellement arrivée qui dormait dans sa voiture.

Car la vie n’est pas si facile non plus au Luxembourg. Les intervenants sociaux que nous avons rencontrés nous ont dit regretter que les Portugais partent ainsi à l’aventure, sans être bien renseignés, croyant que le Luxembourg était un "eldorado".

Le salaire minimum de 1800 euros fait rêver au Portugal où il n’est que d’environ 600 euros. Mais le coût de la vie est beaucoup plus élevé également. Et le Luxembourg connaît une pénurie de logements bon marché.

Le taux de chômage au Luxembourg est de 6%. En décembre 2009, il y avait 4835 Portugais parmi les demandeurs d’emploi inscrits au Luxembourg, soit 32,6 % d’entre eux. Deux ans plus tard, au 31 décembre 2011, ils étaient 5771 et représentaient 35,7 % des demandeurs d’emploi

Mais cela ne signifie pas pour autant qu’ils bénéficient d’une allocation. Pour bénéficier d’un revenu mimimum garanti, il faut trois mois de résidence au Luxembourg. Et pour bénéficier des allocations de chômage, il faut avoir travaillé six mois.

Or, les autorités constatent que certaines entreprises et agences d’intérim engagent des Portugais pour de très courts contrats, Portugais qui se retrouvent après au Luxembourg sans véritable perspective d’emploi et dans des situations de précarité.

En outre, des problèmes de scolarité se posent pour les enfants, qui ne maîtrisent pas les langues locales. L’association Caritas Luxembourg a ouvert des classes d’accueil supplémentaire pour répondre à la demande.

Autorités luxembourgeoises et associations sont inquiètes. Elles multiplient donc les actions de sensibilisation. Pour mieux faire connaître aux Portugais la réalité luxembourgeoise avant leur départ.

La libre circulation des personnes est en effet un droit dans l’Union européenne. Mais le droit de séjour pour une période supérieure à trois mois est soumis à certaines conditions : avoir un emploi ou disposer de ressources suffisantes "afin de ne pas devenir une charge pour l'assistance sociale de l'État membre d'accueil pendant son séjour".

Nous avons rencontré au Luxembourg Ivan Ferreira Costa, 17 ans, arrivé avec sa famille il y a quelques mois, Amilcar Monteiro, assistant social chez Caritas, Eduardo Dias, du département des immigrés du syndicat OGBL, et Nicolas Schmit, ministre de l’Emploi et de l’Immigration. Vous pouvez découvrir notre reportage ci-contre.

 

Julie Calleeuw

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