Le Japon, pays du burn-out

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Au pays du soleil levant, 10 000 personnes meurent chaque année des suites d'un burn-out. Voici l'histoire de Hiro, un jeune employé tombé dans le coma à cause de la cadence infernale à laquelle il était soumis sur son lieu de travail.

Avant de tomber dans un état végétatif, Hiro était un employé modèle. Il travaillait dans un restaurant depuis un an mais n'avait jamais pris un seul jour de repos depuis son entrée en service. Au cours de ses six derniers mois de travail, Hiro avait accumulé 200 heures supplémentaires chaque mois.

Sa maman témoigne : "Je lui disais Hiro, ce n'est pas normal, pense à ta santé... Mais il me répondait que son travail était plus important".

En rentrant à la maison un soir de 2004, Hiro a fait une crise cardiaque. Il a été victime de ce que l'on appelle au Japon, le Karoshi : un arrêt cardiaque pour cause de surmenage.

Depuis, Hiro est toujours plongé dans le coma. Sa chambre est transformée en infirmerie où ses parents passent le plus clair de leur temps. Sa mère s'occupe de lui, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. "Tout ce que je peux faire", dit-elle, "c'est m'occuper de lui le mieux possible et rester positive. Je n'ai même pas le temps de pleurer".

L'affaire portée en justice

Aujourd'hui, ses parents, Noriko et Miyuki demandent des excuses devant le tribunal, alors que l'employeur a toujours refusé tout contact. Le surmenage au travail est pris très au sérieux par la législation japonaise, car il mène parfois au suicide.

En rentrant du tribunal, les parents de Hiro lui annoncent la bonne nouvelle : "le juge a estimé qu'on t'avait surmené. On a gagné Hiro !"

Le patron du restaurant a été condamné à payer deux millions de dollars à la famille de Hiro pour avoir négligé la protection de sa santé.

I.L. avec Alexandre Mitea

 

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