Le Hamas revendique des tirs de roquettes contre Jérusalem, Tel-Aviv et Haïfa

C'est la première fois depuis le conflit de novembre 2012 entre le Hamas et Israël que des activistes basés à Gaza tirent des roquettes contre Jérusalem. Des témoins ont rapporté une violente explosion à Ramat Raziel, au sud-ouest de Jérusalem, mais à 22H00 (heure belge) aucune confirmation n'avait pu être obtenue de la police ou de l'armée.

Plus tôt dans la soirée, les sirènes d'alerte avaient retenti à Tel-Aviv, à 60 km au nord de Gaza, avant qu'une roquette ne soit interceptée par le système de défense antimissile Iron Dome, selon l'armée. Les autorités israéliennes ont ouvert tous les abris anti-aériens à Tel-Aviv et Jérusalem, à portée de tirs du Hamas à Gaza.

Le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, avait déjà tiré lundi soir des dizaines de roquettes contre Israël, qui a répliqué par des frappes aériennes. Le président palestinien a exigé mardi une fin immédiate à cette opération. Mais Israël s'est dit prêt à toutes les options, y compris une offensive terrestre. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon condamne les tirs de roquettes sur Israël et appelle au calme.

Plus tôt dans la journée de mardi, le président palestinien Mahmoud Abbas avait demandé à la communauté internationale d'"intervenir immédiatement pour arrêter la dangereuse escalade qui pourrait provoquer davantage de destruction et d'instabilité dans la région".

Mais de son côté, l'armée israélienne s'est dite prête à toutes les options, y compris une offensive terrestre pour stopper les tirs de roquettes sur son territoire à partir de la bande de Gaza, a affirmé mardi un haut responsable israélien.

Israël a ainsi autorisé le rappel de 40 000 réservistes en prévision d'une possible offensive terrestre. Cette décision a été prise par le cabinet de sécurité dirigé par Benjamin Netanyahu.

Pluie de roquettes

Selon l'armée israélienne, plus de 40 roquettes ont été lancées de Gaza en une heure seulement lundi soir, dont 12 ont été détruites en vol par le système de défense antimissile Iron Dome au-dessus des villes d'Ashdod et Netivot, dans le sud du pays. Aucun blessé grave n'était à déplorer dans l'immédiat.

La branche armée du Hamas à Gaza a aussitôt revendiqué ces tirs. "Les Brigades Ezzedine al-Qassam ont tiré des dizaines de roquettes contre Netivot, Ashkelon, Ashdod et Ofakim en réponse à l'agression sioniste", selon un communiqué de l'organisation armée qui fait référence à des villes du sud d'Israël.

"Les roquettes sont une réaction naturelle aux crimes israéliens contre notre peuple. Que l'occupant (israélien) comprenne bien le message. Nous ne craignons pas ses menaces et nous répondrons à ses crimes", a averti le porte-parole du Hamas à Gaza, Sami Abou Zouhri.

Les sirènes d'alerte ont retenti jusqu'à Beit Shemesh, à 80 km de la bande de Gaza, non loin de Jérusalem, selon un communiqué militaire.

"Haie de protection"

Peu après, l'armée de l'air israélienne a répondu. L’opération porte déjà un nom : "haie de protection". Et pour se protéger l’armée israélienne frappe fort. Rien que cette nuit, elle bombardé une trentaine de cibles. Trois maisons ont été détruites dans le sud de la bande de gaza, deux autres dans le Nord…

Douze Palestiniens ont été tués et plus de 70 blessés mardi dans des raids israéliens sur la bande de Gaza, selon les services d'urgences de l'enclave palestinienne. 

Dans le sud du territoire, sept Palestiniens ont été tués et 25 autres blessés par une frappe israélienne en début d'après-midi.

"Le raid israélien a visé la maison de la famille Al-Kaware", a expliqué le porte-parole des services d'urgences Ashraf al-Qodra, ajoutant que des enfants figuraient parmi les blessés, et peut-être les morts.

Quelques heures plus tôt, dans la ville de Gaza, quatre personnes avaient "été tuées dans un raid aérien sioniste qui a visé une voiture civile dans un quartier du centre", selon M. Al-Qodra. On ignore dans l'immédiat si ces quatre victimes étaient des civils ou des combattants, mais des proches ont identifié l'un des corps comme étant celui de Mohammed Shaaban, 32 ans, un responsable des brigades Ezzedine al-Qassam, la branche armée du Hamas.

Un autre Palestinien a péri dans une frappe aérienne dans la matinée à l'ouest du camp de réfugiés de Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza.

D'après la télévision publique, le cabinet de sécurité, convoqué lundi par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, a donné son feu vert à l'armée pour "durcir les représailles contre le Hamas".

"Ligne rouge"

La télévision a montré des images de dizaines de chars déployés près la frontière avec Gaza, prêts à intervenir en cas d'offensive contre l'enclave palestinienne.

Plusieurs centaines de réservistes ont déjà été mobilisés et l'armée "a la capacité d'en rappeler environ 1500 autres", a déclaré un porte-parole de l'armée. En outre, deux brigades de combat sont prêtes en cas de nécessité, a-t-il ajouté.

La confrontation entre le Hamas et Israël s'est intensifiée après la mort de huit combattants palestiniens dans la nuit de dimanche à lundi. Un neuvième est dans un état critique.

Au total, une centaine de projectiles de Gaza ont touché le sud d'Israël ces dernières 24 heures, selon l'armée. Un soldat a été légèrement blessé et deux maisons endommagées.

"Avec les derniers tirs, le Hamas a franchi une ligne rouge qu'il va devoir désormais payer", ont estimé des hauts responsables israéliens cités par la chaîne de télévision privée 10.

De fait, le Premier ministre israélien semble ne plus avoir d'autre choix que la force. Dimanche, il avait appelé son gouvernement à la retenue. "L'expérience a prouvé que dans des moments comme aujourd'hui, nous devons garder la tête froide", avait-il lancé à l'adresse de ses ministres les plus belliqueux.

Mais cette ligne prudente a poussé le ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman à annoncer qu'il rompait son alliance politique avec le parti Likoud de Benjamin Netanyahu. Avigdor Lieberman, un faucon ultra-nationaliste, n'en quitte pas pour autant le gouvernement.

"Ce n'est plus un secret qu'il y a des désaccords fondamentaux qui ne permettent plus de travailler ensemble (avec le Likoud) (...) Je ne comprends pas ce que nous sommes en train d'attendre", a déploré le chef de la diplomatie, qui réclame bruyamment une opération d'envergure contre le Hamas à Gaza.

Le parti de Avigdor Lieberman, Israel Beiteinou, avait présenté une liste commune avec le Likoud (droite) aux législatives de 2013. Le bloc Likoud-Israel Beiteinou compte 31 députés sur 120.

Aveux des suspects

Dans ce contexte de crise, trois jeunes Israéliens ont avoué le meurtre de l'adolescent palestinien brûlé vif à Jérusalem, qui a causé une émotion considérable et déclenché des violences qui se sont étendues aux localités arabes d'Israël.

"Trois des six suspects en détention ont avoué le meurtre de Mohammad Abou Khdeir, en le brûlant vif", a indiqué à l'AFP une source proche du dossier ayant requis l'anonymat.

Six jeunes juifs extrémistes de droite ont été appréhendés dimanche dans le cadre de cette affaire. Ils sont soupçonnés notamment d'appartenir à une "organisation terroriste", d'enlèvement, d'homicide sur mineur, de possession illégale d'armes et de crime "pour motif nationaliste".

Mohammad Abou Khdeir, 16 ans, avait été kidnappé le 2 juillet à Jérusalem-Est occupée et annexée.

Dès la découverte de ses restes calcinés, dans un bois de l'ouest de Jérusalem, les Palestiniens avaient accusé des juifs extrémistes de l'avoir tué par vengeance après l'enlèvement et le meurtre de trois étudiants israéliens dans la région d'Hébron, en Cisjordanie, attribués par Israël au Hamas.

Le président Shimon Peres et Benjamin Netanyahu ont téléphoné lundi au père de Mohammad Abou Khdeir, le premier pour exprimer sa "honte" et le second son "indignation" face à ce meurtre "abominable".

 

Ban Ki-moon condamne les tirs de roquettes sur Israël, appelle au calme

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon  a dit "condamner les récents tirs de roquettes depuis Gaza contre Israël" et appelle de nouveau les deux camps à "exercer le maximum de retenue", a déclaré mardi son porte-parole Stéphane Dujarric.

"Ces tirs (de roquettes) sans discernement contre des zones civiles doivent cesser", a affirmé le porte-parole. "Extrêmement inquiet de l'escalade dangereuse" de la situation, M. Ban "réitère son appel à tous les protagonistes afin qu'ils exercent le maximum de retenue et évitent de nouvelles pertes civiles et une déstabilisation générale", a-t-il ajouté. "Il est essentiel de rétablir le calme". "La situation à Gaza, qui ne peut pas durer ainsi, devra aussi être traitée dans ses dimensions politique, sécuritaire, humanitaire dans le cadre d'une solution globale", estime M. Ban.

RTBF avec AFP

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