Le Guatemala à nouveau endeuillé par des intempéries

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Des glissements de terrain provoqués par de fortes pluies ont laissé au moins 37 morts et 23 disparus ce week-end au Guatemala, démuni face à ce drame quatre mois après le passage d'une tempête tropicale ayant fait 165 morts et un milliard de dollars de dégâts.

"C'est une tragédie nationale. Rien que ce week-end, il y a eu des dégâts comparables à ceux d'Agatha", a déclaré dimanche le président Alvaro Colom, faisant référence à la tempête tropicale du mois de mai.

La veille, il avait déjà décrété l'état d'urgence car le pays "n'a pas de fonds pour faire face à une autre catastrophe comme celle d'Agatha".

Selon lui, il faudrait un demi-milliard de dollars pour faire face à la situation, alors que les secouristes ont recensé plus de 40.000 sinistrés, que des routes se sont effondrées et que des maisons sont noyées sous la boue.

Dimanche matin, Colom s'est rendu à Solola (ouest), où les secouristes ont retrouvé 17 corps et où une vingtaine de personnes seraient ensevelies sous la boue.

A l'origine de ce drame, un glissement de terrain au km 171 de la route interaméricaine qui a emporté un autocar, des voitures et des piétons au fond d'un ravin de 300 mètres de profondeurs.

De nombreux riverains ont accouru pour tenter de retrouver des survivants, mais ont été ensevelis par une seconde coulée de boue.

"Ils ont commencé à creuser la terre par leurs propres moyens, avec des pelles et des houes, ils voulaient participer aux secours, mais ils ont couru à leur perte", a déclaré à une radio locale Vitalino Andres, un habitant de la zone, qui cherche son neveu.

Les autorités ont improvisé une morgue à 500 m de là. Malgré la douleur, les familles ont trouvé la force d'emporter les corps, faisant fi de l'absence d'ordre judiciaire permettant de retirer les cadavres de la zone.

Les secouristes, eux, sont sur leurs gardes. Par peur d'un nouveau glissement de terrain, ils ont déjà quitté la zone une fois avant de revenir.

"L'endroit n'est pas sûr. Par moments, on entend des grondements en provenance de la colline et cela signifie que d'autres éboulements peuvent se produire, car la terre est très meuble", a déclaré à l'AFP Mario Cruz, porte-parole des pompiers volontaires.

Plus loin, sur la même route interaméricaine, au km 83, un autre autocar a été emporté par un torrent de boue. Le dernier bilan fait état de dix morts.

Sept autres personnes ont péri, dont quatre retrouvées enterrées sous la boue dans leur maison à Quezaltenango (ouest).

Au-delà du Guatemala, l'ensemble de l'Amérique centrale est confrontée à une saison des pluies d'une rare violence.

Au cours des derniers mois, les intempéries ont fait 55 morts au Honduras, au moins 40 au Nicaragua, neuf au Salvador et trois au Costa Rica.

Le plus préoccupant pour les autorités locales est que la saison des pluies vient tout juste d'entrer dans sa phase la plus active, qui dure normalement jusqu'à la fin octobre.


AFP

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