Le "Great Blue Hole", un trésor naturel au large du Belize

Découvrir le Belize, c’est poser les yeux sur l'une des merveilles naturelles de notre planète. Au lever du jour, un soleil rosé caresse les côtes de ce petit pays tranquille. Si le Belize n’est plus "le pays où personne ne va jamais" (décrit ainsi il y a une décennie par l’écrivain chilien Alberto Fuguet), le tourisme de masse n’est pas encore venu ombrager les splendeurs turquoise de ce paradis sous-marin.

Cent fois moins fréquenté que le Mexique voisin, 20 fois moins que la Belgique, le Belize abrite pourtant un véritable trésor : la deuxième plus grande barrière de corail de la planète et son "Great Blue Hole", curiosité naturelle quasiment unique au monde.

Pour admirer ce joyau, on prend de la hauteur. L’avion de Maya Island Air décolle avec, à son bord, une dizaine de touristes impatients. "Le Blue Hole est une des principales attractions touristiques du Belize", explique notre pilote, Howell Grange, qui effectue ce même vol tous les jours en haute saison touristique. "Je me souviens de mon premier vol. C’était une sensation incroyable de voir le Blue Hole d’en haut. Souvent, les touristes vont y plonger et viennent le survoler le lendemain."

Pendant 30 minutes, l’appareil survole le récif qu’on croirait dessiné par un grand peintre. Ce chef-d’œuvre naturel va nous accompagner jusqu’au Blue Hole, à 100 km des côtes. Cinquante nuances de bleu tracent les contours de la 2e plus grande barrière de corail au monde après celle de l’Australie. Un enchaînement d’atolls, de mangroves, de caves de sable, d’estuaires ; 1400 espèces animales et végétales peuplent ce monde sous-marin sur 380 km de long. Le regard vissé sur ces splendeurs, les touristes ont déjà oublié les 180 euros déboursés pour l’aventure.

"Regardez à gauche de l’appareil, le Blue Hole va apparaître !", avertit notre pilote. Quelques nuages s’effacent et il se révèle : un trou de 300 mètres de diamètre parfaitement dessiné par la nature, d’un bleu profond, mesuré à 124 mètres de fond. Une merveille naturelle protégée, comme tout le récif corallien, par les autorités locales et l’Unesco.

"Récemment, le Belize est devenu encore plus protecteur envers son récif corallien", précise le pilote de Maya Island Air. "Il y a des endroits où l’on peut plonger et pêcher, mais la plupart de la zone est protégée. Désormais, l’objectif est de bannir la pêche aux filets maillants, assez destructeurs."

L’exploitation pétrolière bannie des eaux béliziennes

Le Belize est devenu récemment le seul pays au monde à bannir totalement l’exploitation pétrolière dans ses eaux territoriales. Résultat immédiat : l’Unesco a retiré ce joyau de la liste du patrimoine en péril. L’institution avait placé le site sous surveillance en 2009 suite à des épisodes de blanchissement des coraux.

En tournant le dos aux ressources pétrolières, le pays renonce à 17% de ses revenus annuels, mais mise sur son or bleu : ses eaux paradisiaques attirant de plus en plus de visiteurs. Selon les derniers chiffres de la Banque mondiale, les revenus du tourisme représentent près de 20% du PIB bélizien.

Avec de tels décors "carte postale", le tourisme nature a en effet de beaux jours devant lui : "Le Great Blue Hole, c’est fantastique", nous dit notre voisin chinois. "En 61 ans de vie sur cette planète, c’est une de mes plus belles expériences, c’est incroyable", enchaîne le voyageur libérien qui s’est offert le siège du co-pilote.

Belize "Underwater"

Toujours pour protéger cette merveille naturelle, notre pilote n’a pas le droit de voler sous les 500 pieds. Alors, pour en voir plus, il faut embarquer pour une autre excursion.

Nous rejoignons 30 plongeurs sur le bateau des "Amigos del Mar". Cette agence emmène les touristes tous les jours plonger et nager dans le Blue Hole. Comme Charles Darwin ou le commandant Cousteau, les plongeurs du monde entier sont fascinés par cet endroit ! Deux bonnes heures de navigation sont nécessaires pour y arriver depuis Ambergris Caye, l’une des îles touristiques du Belize.

Pour 240 euros la journée, les nageurs vont plonger dans 3 sites magnifiques dont le Blue Hole et son spectacle sous-marin inoubliable.

A 10 minutes du premier plouf, l’heure est au briefing pour les plongeurs : "Venir ici, c’est exactement comme aller en Égypte", dit Georges Rodriguez, l’un des maîtres de plongée. "Vous regardez les pyramides et vous pouvez vous dire 'Ça existe vraiment, ce n’est pas seulement dans les livres !'. Voir le Blue Hole reste un mystère, c’est en plongeant ici que vous découvrez que le Blue Hole était une grotte sèche il y a 13.000 ans".

"C'est un autre monde"

La plongée n’est pas dangereuse : 40 mètres de profondeur sans courant, sans danger ; mais les plongeurs sont concentrés. Juan Carlos Ramirez est l’un d’entre eux, il vient du Costa Rica avec sa compagne pour plonger dans les eaux béliziennes. Nous le voyons plonger dans "le trou", un lieu unique, sombre, étroit, comme dans une grotte sous le regard des habitants des lieux : "C’est vraiment incroyable, fou…", nous dit Juan Carlos en remontant, "c’est un autre monde avec des falaises, des formations rocheuses, c’est réellement magique ! Pas énormément de faune sous-marine, si ce n’est tout de même des requins. C’est vraiment à faire un jour dans sa vie si on aime la plongée."

Sur le pont, Edgar Lima, le capitaine du bateau veille sur le groupe et regarde tendrement l’horizon bleu turquoise : "En tant que Béliziens, nous sommes très fiers de nos coraux, de la barrière de corail. On veille à ce que les touristes se comportent bien, car on sait que nous pouvons avoir un impact négatif sur la nature. Cet endroit, c’est une des plus belles choses que nous possédons. C’est l’or bélizien, une beauté, on adore !".

Reste à gérer durablement le développement touristique pour que les nageurs, les plongeurs, les vacanciers Robinson Crusoé ne deviennent pas la nouvelle menace de cette merveille naturelle !

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