Le gouvernement italien s'est réuni lundi soir sans arriver à un accord

Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi le 23 octobre 2011 à Bruxelles
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Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi le 23 octobre 2011 à Bruxelles - © Georges Gobet

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a assuré lundi que personne ne devait avoir "quoi que ce soit à craindre" de son pays, avant un conseil des ministres extraordinaire au cours duquel un accord sur une réforme des retraites n'a pu être trouvé en raison des divisions dans la majorité.

Silvio Berlusconi a convoqué d'urgence son gouvernement ce lundi. Il s'agissait de trouver de nouvelles mesures pour réduire l'endettement de l'Italie. Les mesures adoptées pour ramener l'équilibre budgétaire en 2013  tardent à entrer en application, ce qui inquiète les marchés, les partenaires européens et même le président italien Giorgio Napolitano. 

Pour réduire les déficits, le Cavaliere envisagerait à nouveau de retarder l'âge de départ à la retraite, de 65 à 67 ans. Mais son allié gouvernemental, La Ligue du Nord y est fermement opposée. "Notre position est très claire sur la réforme des retraites : nous avons déjà donné", a lancé le ministre de l'Intérieur, Roberto Maroni, un poids lourd de la Ligue. 

Le conseil des ministres s'est achevé sans accord. Une nouvelle réunion du conseil des ministres n'est pas exclue ce mardi.

L'Italie sous pression

Pendant le week-end, Silvio Berlusconi a été rappelé à l'ordre par l'UE qui lui a réclamé des engagements fermes en matière de réformes structurelles pour relancer une croissance atone et de réduction de la dette avant un nouveau sommet européen mercredi.

"Les partenaires de l'Italie ont besoin de clarté. Il est important qu'ils soient convaincus", a souligné lundi le porte-parole de la Commission européenne pour les Affaires économiques, Amadeu Altafaj.

M. Berlusconi a très mal pris un échange de sourires amusés dimanche entre le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel lorsqu'ils ont été interrogés sur la manière dont s'était déroulée leur entrevue avec lui.

M. Berlusconi s'est défendu en contre-attaquant. "Personne n'est en mesure de donner des leçons à ses partenaires", a-t-il déclaré dans un communiqué officiel, en soulignant que la crise de l'euro touchait "en particulier" le système bancaire "franco-allemand", très exposé aux dettes des pays fragiles de l'UE. M. Berlusconi a assuré que "personne n'avait quoi que ce soit à craindre" de l'Italie, "troisième économie" de la zone euro.

"Nous honorons notre dette publique ponctuellement, nous avons un excédent primaire plus vertueux que nos partenaires et nous atteindrons l'équilibre budgétaire en 2013", a-t-il soutenu.

L'Europe exige de l'Italie des mesures et un calendrier précis pour éviter qu'une propagation de la crise de la dette à ce pays qui souffre d'un manque de crédibilité sur les marchés, ne mette en péril l'ensemble de la zone euro.

L'UE réfléchit en parallèle à l'option de soutenir l'Italie en rachetant, via son Fonds de secours, de la dette italienne sur le marché afin que le pays puisse se financer à des conditions raisonnables, ont indiqué à l'AFP deux sources diplomatiques.

L'Europe a réclamé des réformes non seulement du système des retraites mais aussi du marché du travail, afin de stimuler l'emploi pour les jeunes, et du cadre législatif pour les entreprises.

La péninsule a déjà réformé en profondeur son système de retraites ces dernières années.

Le système, qui est bénéficiaire, compte deux catégories de retraites: la "pension de vieillesse", dont l'âge est fixé à 65 ans pour les hommes et passera progressivement de 60 à 65 ans pour les femmes, et la "pension d'ancienneté", qui permet actuellement de partir à 60 ans à condition d'avoir cotisé au minimum 36 ans.


RTBF et AFP

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