Le gouvernement israélien annonce qu'il va renforcer la colonisation

Le vice-ministre de la Défense Danny Danon à Jérusalem-est, le 20 juillet 2010
Le vice-ministre de la Défense Danny Danon à Jérusalem-est, le 20 juillet 2010 - © Ahmad Gharabli

Le nouveau gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu qui doit prêter serment lundi au Parlement va "renforcer la colonisation" en Cisjordanie a affirmé le vice-ministre de la Défense Danny Danon. Parallèlement, un rapport du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU appelle à un arrêt immédiat de celle-ci...

Cette déclaration intervient alors qu'une mission d'experts mandatée par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a demandé lundi à Israël l'arrêt immédiat de la colonisation dans les territoires palestiniens et le retrait progressif des colons.

"La mission demande à Israël de se conformer aux dispositions de l'article 49 de la quatrième convention de Genève, de cesser immédiatement et sans condition préalable la colonisation ainsi que d'initier un processus de retrait des colons", a déclaré la présidente de la mission, la Française Christine Chanet, devant le Conseil.

"Les colonies de peuplement qui émiettent le territoire palestinien violent les Conventions de Genève en faisant échec au droit du peuple palestinien à disposer de lui-même", a-t-elle ajouté.

La mission d'experts demande également à Israël de "mettre fin à toutes les violations issues de la colonisation" ainsi qu'à "l'impunité".

Les experts invitent également tous les Etats "à remplir leurs obligations au regard du droit international dans leur relation avec un Etat qui viole une norme impérative de droit international" et de ne pas reconnaître une situation illicite.

Ce rapport fait suite à une résolution du Conseil, adoptée en mars 2012, mandatant "une mission internationale indépendante d'établissement des faits" pour étudier les effets des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens. En dépit des demandes écrites de coopération auprès des autorités israéliennes, la mission n'a obtenu aucune réponse d'Israël et n'a pas pu se rendre dans les territoires.

Israël, qui boycotte depuis mars 2012 les réunions du Conseil des droits de l'homme, a rejeté le rapport, estimant qu'il ne ferait "que saper les efforts pour trouver une solution durable au conflit israélo-palestinien". Depuis la guerre des six jours de 1967, 250 colonies ont été créées, occupées par quelque 520 000 colons. 

Renforcer la colonisation

Et cela devrait donc continuer, comme l'a affirmé le vice-ministre de la Défense. "L'ère Ehud Barak (l'ancien ministre de la Défense) est finie. Le nouveau gouvernement va renforcer la colonisation en Judée-Samarie, en Galilée et dans le Néguev", a affirmé à la radio publique Danny Danon, un député du Likoud, le parti de Benjamin Netanyahu. Membre du lobby des colons, il a accusé dans le passé Ehud Barak d'entraver la construction de logements dans les colonies de Cisjordanie.

Interrogé sur la possible réaction du président américain, Danny Danon a minimisé les risques de confrontation. "Les Etats-Unis savent qu'il y a eu des élections en Israël et qu'un gouvernement national a été constitué. Nous voulons la paix, mais si on regarde à droite et à gauche dans la région on ne peut que constater qu'il n'y a pas de partenaire".

"Il n'y aucun horizon pour un processus politique. Nous sommes prêts à négocier sans condition préalable, mais je ne suis pas optimiste", a-t-il ajouté.

Des proches du nouveau ministre de la Défense Moshé Yaalon cités par la radio publique ont pour leur part exclu tout geste envers l'Autorité palestinienne en vue de la visite de Barack Obama. Moshé Yaalon est opposé à des libérations de prisonniers palestiniens, à un gel de la colonisation et à un transfert du contrôle de nouveaux secteurs de la Cisjordanie à l'Autorité palestinienne, a ajouté la radio.

La députée d'opposition de gauche Zehava Galon a dénoncé à la radio publique ce "gouvernement de droite qui va continuer à gaspiller des milliards de shekels dans les colonies".

Les négociations de paix israélo-palestiniennes sont suspendues depuis septembre 2010.

La Maison Blanche ne prévoit pas d'initiative particulière pour le processus de paix israélo-palestinien, durant la visite du président Obama.


AFP