Le gouvernement espagnol veut interdire un nouveau parti indépendantiste basque

Des manifestants réclament la légalisation du parti Sortu, le 19 février 2011 à Bilbao
Des manifestants réclament la légalisation du parti Sortu, le 19 février 2011 à Bilbao - © Rafa Rivas (AFP)

Le gouvernement espagnol a demandé jeudi l'interdiction du nouveau parti indépendantiste Sortu, considérant qu'il s'agissait d'un simple "prolongement" du parti interdit Batasuna, considéré comme la vitrine politique de l'ETA, a-t-il annoncé.

Le gouvernement a demandé au Tribunal suprême de refuser l'inscription officielle sur les listes électorales de ce parti, créé par des proches de Batasuna dans le but de participer aux élections locales de mai et dont les statuts rejettent spécifiquement la violence de l'ETA.

Le Tribunal suprême, qui dispose maintenant de 20 jours pour se prononcer, a annoncé jeudi qu'il suspendait provisoirement le processus d'inscription électoral de Sortu avant de décider.

Le gouvernement estime que le groupe armé ETA et Batasuna "utilisent tactiquement Sortu" et que ce parti n'est qu'un simple "prolongement de Batasuna", a expliqué l'avocat général de l'Etat, Joaquin de Fuentes Bardaji.

La demande d'interdiction a été réalisée par l'organisme juridique chargé de défendre les intérêts du gouvernement et de l'Etat espagnol (Abogacia general del Estado).

Le parquet espagnol avait lui aussi réclamé, à la mi-février, l'interdiction de Sortu, se basant pour cela sur un rapport de la police selon lequel "Sortu est une initiative liée aux idées de l'ETA" et mis en oeuvre sous son "contrôle direct".

Batasuna est interdit depuis 2003 par la justice espagnole qui considère le mouvement comme faisant partie du même ensemble que l'ETA, même si ses dirigeants ont pris dernièrement leurs distances avec la lutte armée et ont assuré qu'ils n'avaient plus rien à voir avec l'organisation clandestine.

Après dix-sept mois sans attentat, l'ETA a annoncé le 10 janvier un "cessez-le-feu" unilatéral "permanent" et "général" sous la pression de Batasuna qui voudrait redevenir légal avant des élections municipales et régionales qui se tiendront le 22 mai.

L'organisation clandestine tenue pour responsable de 829 morts en plus de 40 ans de lutte armée pour l'indépendance du Pays basque, n'a pas annoncé l'abandon définitif de la lutte armée comme le souhaitait le gouvernement espagnol.

Echaudé par la fin sanglante d'une précédente trêve en 2006 (deux morts dans un attentat à l'aéroport de Madrid), l'exécutif de José Luis Rodriguez Zapatero a refusé de prendre en considération l'annonce.

Il a depuis démontré qu'il maintenait sa ligne d'extrême fermeté vis-à-vis du groupe armé et de son entourage, avec notamment l'interpellation, mardi, de quatre membres présumés d'un commando de l'ETA près de Bilbao (nord) et la saisie de près de 200 kilos d'explosifs.

AFP

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