Le gaz russe ne transite plus par l'Ukraine, l'Europe se fâche

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La guerre du gaz entre la Russie et l'Ukraine bat son plein. Chaque camp accuse l'autre et ces attaques sont invérifiables. Presque toute l'Europe orientale jusqu'à la Turquie est touchée par des arrêts ou des diminutions de livraison de gaz.

La République tchèque, la Slovaquie, l'Autriche, la Roumanie, la Bulgarie et la Hongrie ne reçoivent plus de gaz depuis ce mercredi matin.  L'Autriche a suffisamment de réserves pour faire face à la situation, la Roumanie annonce des mesures alternatives, charbon et mazout, et envisage de réduire l'approvisionnement des gros consommateurs industriels. La Hongrie aussi a pris mercredi matin de nouvelles mesures de restriction pour l'approvisionnement des entreprises.

La situation en Bulgarie est plus critique : elle dépend du gaz russe à 92 % et elle dispose de 70 jours de réserve, consommées essentiellement par les entreprises. Mais la rupture des fournitures à la Bulgarie  a des incidences en aval, puisqu'elle assure le transit vers la Grèce, la Turquie et la Macédoine, qui étaient déjà privés de gaz mardi.

Au total, une vingtaine de pays européens sont touchés,  avec des livraisons  interrompues ou diminuées.

Ce mercredi matin, le groupe ukrainien Naftogaz  a accusé la Russie d'avoir arrêté tout transit. Le vice-président de Gazprom  Alexandre Medvedev  a contre-attaqué en accusant l'Ukraine d'avoir fermé le quatrième et dernier gazoduc.

Qui dit vrai ? C'est impossible à vérifier.

Le fond du conflit est le futur prix du gaz que devra payer l'Ukraine et les droits de transit à payer par la Russie. La Russie veut que l'Ukraine, comme ses autres clients, paie un prix plus proche du prix du marché.

Et justement, sur le marché international, le prix du gaz pour livraisons le lendemain a fait un bond de 18,5 %, en raison précisément du confit russo-ukrainien et de la vague de froid.

La Commission européenne parle d'une situation complètement inacceptable et demande aux deux parties une solution avant la fin de la semaine. Elle a proposé à Moscou et Kiev d'envoyer des observateurs en Ukraine pour mesurer les volumes de gaz transitant effectivement entre les deux pays.

Des négociations pourraient reprendre jeudi à Moscou, avec ou sans la présidence tchèque de l'Union européenne pour arbitre.

(A.L. avec F. Nice)

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