Le FPÖ, potentiel allié de Sebastian Kurz: une ascension entamée en 2010

Heinz-Christian Strache fête le score de son parti hier,  qui a atteint 26% des suffrages
Heinz-Christian Strache fête le score de son parti hier, qui a atteint 26% des suffrages - © ALEX HALADA - AFP

Les élections législatives ont eu lieu ce 15 octobre en Autriche. Si le parti des conservateurs mené par Sebastian Kurz termine en tête, le parti d’extrême droite, le FPÖ, finit troisième à 25,9%, soit à 1% des sociaux-démocrates. Avec ses 26%, FPÖ se permet d'être une hypothèse plus que probable comme partenaire de gouvernement pour l'ÖVP. De plus, Heinz-Christian Strache, la figure de proue du parti, pourrait briguer le poste de vice-chancelier aux côtés de Sebastian Kurz si une coalition avec le FPÖ est choisie.

Ce score est une victoire pour le parti d'extrême droite, même si une légère déception se lit sur les visages du parti, puisqu'ils avaient connu une ascension folle lors des élections présidentielles de 2016, que le leader avait préparée depuis quelques années. En effet, alors que le FPÖ a connu la gloire en 1999 grâce à son leader, Jörg Haider, le parti entre au gouvernement du chancelier conservateur Wolfgang Schüssel, ce qui provoque un tollé et des sanctions européennes. Depuis ces sanctions, les résultats du parti de la liberté d'Autriche sont mauvais. C'est en 2005 qu'Heinz-Christian Strache prend la tête du parti en doublant par la droite Jörg Haider, et en durcissant le ton du parti. Mais pour le bien de sa frange politique, et pour remonter dans les sondages, Heinz-Christian Strache polit l'image de l'extrême droite autrichienne.

Un adoucissement depuis quelques années

Depuis 2010, le FPÖ a soigné son image, en écartant les personnages les plus gênants pour le parti, tout en gardant ses racines xénophobes. Andreas Mölzer, notamment, a fait les frais de cette politique suite à de nombreux dérapages, par exemple en déclarant que l'UE pourrait devenir "un conglomérat de nègres, le chaos absolu". Un adoucissement qui porte ses fruits en 2016: Au premier tour de la présidentielle, la gauche et la droite sont sévèrement éliminés pour laisser place à un duel entre le FPÖ (35%) et les Verts (21%). Au second tour, qui fut une première fois annulée, ce sont 30 000 voix qui séparent Norbert Hofer, le numéro 2 du parti de la liberté d'Autriche et Alexander Van der Bellen, du parti des Verts et nouveau président.

Aujourd'hui, l'arrivée de Sebastian Kurz a coûté cher au FPÖ. Depuis que le ministre de 31 ans a lancé la campagne des conservateurs, l'ÖVP est passée de 20 à 33% dans les sondages, alors que le parti d'extrême droite est passée de 34% dans les sondages de janvier à 26%. Preuve s'il en est que Sebastian Kurz a porté haut les couleurs de son parti, au détriment de l'extrême droite, qui se retrouve coincée derrière le parti conservateur.

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