Le Forum Majalat, l'occasion de renforcer le dialogue entre l'UE et les pays du sud de la Méditerranée

Le Forum Majalat, l’occasion de renforcer le dialogue entre l’UE et les pays du sud de la Méditerranée.
Le Forum Majalat, l’occasion de renforcer le dialogue entre l’UE et les pays du sud de la Méditerranée. - © Tous droits réservés

Cette semaine, plus d’une centaine de jeunes originaires des pays du sud de la Méditerranée se sont réunis à Bruxelles, à l’occasion du Forum Majalat. Lors de cet événement, plusieurs acteurs de la société civile issus de ces pays ont débattu avec les représentants de la Commission européenne. "C’est un projet qui a été lancé par la Commission européenne pour organiser le dialogue avec la société civile du sud de la Méditerranée et la Commission européenne à propos de la politique, économique, sociale, de la politique de gouvernance… Que la Commission est en train de faire dans la région du sud de la Méditerranée. Ce dialogue a démarré sous l’impulsion de la Commission en 2012, mais par après, la société civile du sud a demandé qu’elle puisse diriger ce dialogue et qu’elle puisse avoir la main sur la proposition des thèmes, l’organisation du Forum, l’engagement des participants de différents pays, et de la société civile de différents pays de la région du sud", détaille la directrice du programme du réseau des ONG arabes.

Yasmina, Tunisienne, 15 ans, participante au forum Majalat

À l’occasion de ce Forum, un concours vidéo était organisé pour les jeunes sur un sujet de société. Parmi les lauréats, Yasmina Manai, originaire de Tunisie et âgée de 15 ans. Dans sa vidéo d’une durée de 3 minutes, elle aborde le thème de la migration, en évoquant l’histoire de ces jeunes Tunisiens qui choisissent de prendre la route de l’exil vers l’Europe à bord d’embarcations de fortune. Elle rappelle notamment l’histoire de l’un d’entre eux, son ami Boff. "Boff a choisi l’immigration clandestine. Il a fréquenté mon lycée, et un jour, il a pris un bateau avec une douzaine d’autres jeunes comme lui, des enfants, et aussi des femmes et des hommes. Boff avait son téléphone sur lui, il a appelé toute sa famille, sa mère, et lui a dit qu’après 2 heures, il serait là-bas. Quand il était en bateau, il avait donc prévenu son entourage. Sa mère pleurait, Boff a chaviré, et elle savait qu’il mourrait", raconte Yasmina. Pour réaliser sa vidéo, elle a parlé et interviewé ses amis, la mère de Boff et sa sœur, et dans sa vidéo, elle a ainsi voulu retracer la vraie vie de son camarade d’école.

L’idée de l’Eldorado européen fait toujours autant rêver

Selon elle, si Boff a voulu quitter la Tunisie, c’est à cause de cette croyance répandue dans les pays du sud de la Méditerranée qu’au nord, une vie meilleure est possible. A travers sa vidéo, elle a souhaité montrer que l’immigration clandestine n’était pourtant pas un bon choix. " On peut trouver la joie dans nos pays. Moi, personnellement, j’adore mon pays, et j’ai trouvé que vraiment, depuis la révolution il y a 9 ans, il y avait du changement. Nous avons plus de liberté pour nous exprimer. Avant, les jeunes, comme moi, ne pouvaient pas réaliser des vidéos comme celle que j’ai faite. Nous ne pouvions pas nous exprimer, et ils devaient uniquement renvoyer une image de Tunisie parfaite. Maintenant, c’est le contraire. On voit la réalité, mais on a le droit de s’exprimer. On voit quelque chose de mal, et on peut dire que ça, on ne l’accepte pas", assure la jeune Tunisienne.

Les vidéos présentées à ce concours doivent mettre en lumière les actions de la société civile. Yasmina est membre du Youth Club, une association de sensibilisation des jeunes sur certains sujets. " Il y a un contexte qui dit "Think globally, act globally". Donc, les associations comme la nôtre, nous travaillons à sensibiliser les jeunes de 15 à 18, 20 ans sur des maladies comme le sida, ou le cancer. On leur fait passer le message que ce sont eux, l’avenir", explique Yasmina.

Migration, changements climatiques, sécurité…

La migration était donc le thème choisi par cette ado tunisienne. Mais, les participants à ce concours du Forum Majalat avaient le choix parmi d’autres thématiques, comme celle du changement climatique, sécurité, mais aussi le commerce et le droit économique et social, comme l’explique la coordinatrice de la communication du projet Majalat Natacha David : " Ils devaient réaliser en plus ou moins 15 jours, une vidéo de maximum 3 minutes avec les moyens dont ils disposaient. Cela pouvait être un portable, une caméra, ce qu’ils voulaient. Ils devaient juste être les plus créatifs possible, et en essayant d’allier un contenu qui met à la fois en évidence le travail de la société civile sur le terrain et surtout l’implication des jeunes, mais en apportant aussi une dimension de qualité au niveau technique, et une vraie sensibilité au niveau artistique."

 

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