Le flamenco, cette victime insoupçonnée du coronavirus

C'est l'une des très nombreuses victimes du Covid : en Espagne, le flamenco est à l'agonie. Les tablaos, ces cabarets où l’on dine en voyant du flamenco au plus près, très dépendantes des touristes étrangers, sont fermés depuis le début de l'épidémie.  Des salles emblématiques ont mis la clé sous la porte.

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A Badalone, une banlieue populaire de Barcelone, Gema Amaya se languit. Depuis le début de l’épidémie, elle danse dans l’appartement exigu de ses parents, sur une planche en bois pour éviter de casser le carrelage. Cheveux noir et robe moulante, la gitane de 18 ans est l’un des grands espoirs du flamenco espagnol.

Avant l’épidémie elle se produisait en spectacle plusieurs fois par semaine. " J'ai besoin de sortir. Il y a tellement de choses en moi ! " dit-elle entre deux mouvements de danse. " J'ai besoin de danser à nouveau, de continuer à apprendre et pouvoir montrer aux gens ce que je ressens vraiment. J'avais pris l'habitude de faire ce que j'aime c'est à dire travailler au tablao. "

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Passer sa vie à danser

Depuis qu’elle est devenue professionnelle le jour de ses 16 ans, Gema danse au Tablao de Carmen, une salle emblématique de Barcelone. Le covid est un coup d’arrêt dans sa jeune carrière Pour sa maman, Susana Amaya sa plus grande admiratrice, pas facile de gérer la frustration de sa fille. " C’est sa passion. Regardez ici, à force de danser, elle a cassé le carrelage du salon. Elle passe sa vie à danser. Quand elle met la table ou qu’elle fait la vaisselle, elle fait claquer ses talons. "

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Chaque soir, le tablao de Carmen faisait le plein. 150 personnes venaient diner et profiter d’un spectacle si propre à l’Espagne. Depuis le 14 mars, le lieu est fermé. Les quinze employés du tablao sont au chômage. Les danseurs, payés au cachet n’ont plus aucun revenu.

Les chaises rouges sont rangées sur les tables et les robes ne sont pas sortie du vestiaire depuis la fin de l’hiver dernier. Le silence est pesant dans cet endroit d’habitude si vivant. " Pour moi c’est difficile parce que c’est ma famille qui a construit cet endroit, mon père était guitariste " témoigne Mimo Aguero, propriétaire de la salle. " Pour moi c’est un drame. Mais je crois que c’est surtout un drame pour la culture de Barcelone. C’est dommage car ça disparaît. "

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