Le film "Grâce à Dieu" autorisé à sortir en salle, mais quand ?

Sortira, sortira pas ? Le film de François Ozon "Grâce à Dieu" a été autorisé par la justice parisienne à sortir en salles comme prévu ce mercredi, c'est ce qu'a indiqué Maître Emmanuel Mercinier, l'avocat du père Preynat.

La défense du père Preynat, prêtre Lyonnais mis en examen pour agressions sexuelles dans cette affaire et non jugé encore, avait assigné en référé François Ozon pour obtenir un report de la sortie de son film.

Le tribunal de grande instance de Paris a estimé que "les spectateurs sont informés, à l'issue du film, du principe de la présomption d'innocence dont bénéficie, comme toute personne, Bernard Preynat". Et ce grâce à la présence de trois cartons rappelant notamment la présomption d'innocence de tous les mis en cause.

Et si le film devait attendre la fin de la procédure pénale de Bernard Preynat, il ne sortirait que dans "plusieurs années", ce qui constituerait "une atteinte grave et très disproportionnée au principe de la liberté d'expression et à la liberté de création", estime encore le tribunal.

Mais malgré ce feu vert, François Ozon reste suspendu à une seconde décision judiciaire attendue mardi après-midi à Lyon. Le réalisateur est cette fois assigné en référé "heure à heure" par Régine Maire, ex-membre du diocèse de Lyon, poursuivie aux côtés de l'archevêque de Lyon pour non-dénonciation. Elle demande que son nom soit retiré du film au nom de la protection de la vie privée et de la présomption d'innocence.

François Ozon saura demain si son film sort bien mercredi.

Un film d'actualité

"Grâce à Dieu", tourné en secret l'an dernier, raconte la naissance de l'association de victimes La Parole libérée, fondée à Lyon en 2015 par d'anciens scouts abusés par un prêtre pédophile, Bernard Preynat. Au total, l'association recense près de 85 victimes de ce prêtre.

Le film suit trois d'entre elles, incarnées à l'écran par les acteurs Melvil Poupaud, Denis Ménochet et Swann Arlaud.

Le sujet est en pleine actualité en France, alors que s'est tenu début janvier à Lyon le procès du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, et de cinq autres personnes pour non dénonciation d'agressions sexuelles pédophiles dans cette affaire, dite affaire Barbarin. Le jugement est attendu le 7 mars.

Actualité aussi au Vatican. Le pape réunit cette semaine la hiérarchie épiscopale du monde entier. Celle-ci sera placée devant ses responsabilités face aux scandales d'agressions sexuelles de mineurs. Une rencontre, source de fortes attentes, qui s'annonce périlleuse.

Ce film essaie de rompre le silence d'institutions puissantes

Le film, a été primé samedi dernier du Grand prix du jury lors de la 69ème Berlinale, deuxième prix majeur après l'Ours d'or.

"Ce film essaie de rompre le silence d'institutions puissantes" sur ces affaires d'abus sexuels d'enfants, a déclaré le metteur en scène français de 51 ans en recevant sa récompense. "Je veux partager ce prix avec les hommes libres qui m'ont inspiré" qui "ont été victimes d'un prêtre pédophile", a-t-il ajouté, ému, "Alexandre, François et Pierre-Emmanuel, vous êtes mes héros".

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