Le FBI place néonazis et nationalistes blancs au même niveau de menace que l’EI

Le FBI a décidé de placer les nationalistes blancs et les néonazis au même niveau de menace que l’organisation terroriste "État islamique", rapportent les médias VICE et CBS. Lors d’une audition devant la commission de justice de la Chambre des représentants américaine ce mercredi, le directeur du FBI Christopher Wray a exposé plusieurs mesures concrètes que l’agence a prises pour combattre les extrémistes violents d’extrême droite. La désignation de ces groupes requalifiée à présent comme "menace de priorité nationale" place ces groupes ou individus sur le même pied que l’organisation terroriste "État islamique" en termes de ressources que le FBI y consacrera.

"Non seulement la menace terroriste est diverse, mais elle est implacable", a déclaré le chef du FBI Chris Wray. Le FBI a élevé l’extrémisme violent à motivation raciale au rang de "priorité nationale en matière de menace", signe supplémentaire que le gouvernement américain prend au sérieux la menace que représentent les nationalistes blancs et les néonazis dans le pays et à l’étranger.

"Nous nous concentrons particulièrement sur le terrorisme intérieur, en particulier les extrémistes violents à motivation raciale ou ethnique", a déclaré M. Wray. "Non seulement la menace terroriste est diverse, mais elle est implacable."

Création d’une cellule pour tenter d’anticiper les menaces

L’annonce de Wray survient deux semaines seulement après que des agents du FBI ont arrêté huit membres du violent groupe néonazi et suprémaciste blanc : The Base. Au cours des derniers mois, le FBI a également déjoué deux attentats à la bombe dans des synagogues, a déclaré M. Wray.

Le chef du FBI a également déclaré qu’il avait créé une cellule issue de la fusion de deux groupes travaillant d’un côté sur le terrorisme "intérieur" et l’autre sur les crimes de haine pour "rassembler l’expertise des gens du terrorisme intérieur et des crimes de haine". "Ils travaillent ensemble pour ne pas se concentrer uniquement sur les menaces qui se sont déjà produites, mais pour regarder vers l’avenir et anticiper les endroits où nous devons être".

107 arrestations pour terrorisme national en 2019

En septembre dernier, le Département de Sécurité Intérieure (DHS) avait dévoilé sa nouvelle stratégie antiterroriste qui, pour la première fois, reconnaissait le nationalisme blanc comme une menace majeure. Le Congrès a tenu plus d’une douzaine d’audiences sur la question, et les législateurs ont demandé au Département d’État de désigner les réseaux internationaux d’extrême droite comme des organisations terroristes étrangères, et au DHS de produire des évaluations de la menace que représentent ces réseaux.

Et selon le témoignage de M. Wray en novembre dernier, le FBI a procédé à 107 arrestations pour terrorisme national au cours de l’année fiscale 2019, soit environ le même nombre d’arrestations que pour le terrorisme international.

Plus de ressources pour lutter contre le terrorisme d’extrême-droite

Faire de l’extrémisme de droite une priorité nationale en matière de menace signifie que le FBI peut allouer davantage de ressources au problème en termes de personnel, d’agents et d’analystes, déclare Mark Concordia, instructeur du FBI et de l’État de New York en matière de lutte contre le terrorisme et professeur associé de justice pénale au Roberts Wesleyan College.

"La décision serait fondée sur l’analyse des renseignements et, évidemment, sur l’augmentation potentielle de ce type d’attaques. L’enquête montre qu’elles représentent un crime haineux ou à motivation raciale, et qu’elles peuvent être liées à une organisation ou une idéologie plus large plutôt qu’à un crime haineux individuel", a déclaré Concordia.

Citant des sources du ministère de la Justice, CBS rapporte de son côté que de plus en plus d’arrestations fédérales aux États-Unis visent des nationalistes néonazis ou blancs, y compris des personnes ayant des liens avec des réseaux en Europe, en Ukraine et en Russie.

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