Le djihadiste verviétois Tarik Jadaoun explique aux juges ce qu'il a fait en Syrie

Le Verviétois Tarik Jadaoun, parti combattre en Syrie en 2014 est jugé en Irak. L'homme âgé de 29 ans risque la peine de mort. Il a plaidé non coupable lors de son procès qui s'est ouvert jeudi à Bagdad et affirmé qu'il s'était "fourvoyé". Comment est-il parti en Irak ?

"Je suis arrivé en 2015 pendant le Ramadan", a déclaré le Verviétois Tarik Jadaoun. Muni d'un passeport en Turquie, il est entré en Syrie illégalement en 2014. Il a prêté allégeance dans un camp à Raqqa, en Syrie. Il a ensuite passé une semaine dans un camp de religion et d’idéologie. Après il s'est rendu à al-Tabqa. Là-bas il a eu un entraînement aux armes a feu : PKC et Kalachnikov. Il a reçu des instructions de Tunisiens, Jordaniens, Palestiniens et Syriens, indique-t-il.

Il a par la suite été déployé dans une région frontalière à la Turquie, près de la ville de Suluk. "Je m'y suis battu contre le PKK. Après un certain temps, on m'a demandé d'aller travailler dans un centre médical pendant un mois. J’étais marié avec une femme française. Elle est repartie en France, et je crois qu'elle a été arrêtée. Ensuite je me suis rendu à Mossoul et j'ai travaillé aux urgences de l’hôpital al-Joumhouriya", témoigne-t-il.

Il a ensuite déclaré être allé travailler dans la montagne de Makhoul, où il était chef d'une cellule médicale. En 2016, il a été blessé au bras par l'explosion d'un obus de mortier.

Contacté par des amis

L'homme de 29 ans assure avoir été contacté par deux amis belges en Syrie, Redouane Hajaoui et Lotfi Aoumeur. "On a hésité à rejoindre Jabhat al-Nusra ou l’État islamique. On a finalement choisi l’État islamique", a-t-il déclaré.

Il a été en prison deux fois, pour une durée de deux ans au total. 

Le juge évoque une vidéo où on le voit portant un uniforme de combattant, voici sa réaction: "J'ai été obligé de le faire. Ce n'est pas moi qui ait écrit le texte. C'est un responsable de l’État islamique qui m'a demandé de le faire.

Abou Hamza le Belge

A Mossoul, Tarik Jadaoun se faisait appeler Abou Hamza al-Belgiki, Abou Hamza le Belge. Et la mention de son nom de guerre donne encore des frissons.

Interrogé par Wilson Fache, correspondant RTBF en Irak, un résident raconte qu'il changeait de trottoir lorsqu'il croisait le chemin du Verviétois. Un autre explique pourquoi il craignait plus Jadaoun que les djihadistes irakiens. "Abou Hamza essayait de convaincre les gens de rejoindre l’État islamique, de rejoindre les vrais musulmans. Les résidents avaient peu de sortir de chez eux parce qu'ils savaient qu'il était un étranger. Les étrangers n’hésitaient pas à tuer. Les djihadistes locaux, on savait comment discuter avec eux et contourner les règles. Mais les étrangers sont trop strictes, et lui se comportaient très mal avec les gens."

A Mossoul, on raconte aussi comment Tarik Jadaoun était devenu au fil des mois de bataille terrifié à l’idée d’être pris pour cible par un drone ou un avion de chasse. A tel point qu'il ne dormait plus chez lui et ne restait jamais plus de quelques heures au même endroit. Finalement, il sera arrêté le 12 juillet 2017 dans les ruines de la vieille ville de Mossoul.

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