Le discours de la Reine au Royaume-Uni : une tradition vieille de près de 5 siècles

Le discours de la Reine au Royaume-Uni: une tradition vieille de près de 5 siècles
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Le discours de la Reine au Royaume-Uni: une tradition vieille de près de 5 siècles - © RTBF

Que serait le Parlement britannique sans ses traditions séculaires ? Les péripéties du Brexit ont braqué les projecteurs de l’actualité sur un des plus anciens parlements du monde et ses conventions "so British", en particulier le rôle de son "speaker", le président de l’assemblée, John Bercow. Un autre moment clé de la vie de Westminster est bien entendu le discours de la Reine, qui dévoile le programme du gouvernement. Ce discours a lieu ce lundi 14 octobre et suivra comme d’habitude un cérémonial fastueux hypercodifié, une tradition qui remonte à 1536 mais qui a été fixée sous sa forme actuelle en 1852.

Depuis le début de son règne en 1953, Elizabeth II n’y a fait défaut qu‘à deux reprises, en 1959 et 1963, lorsqu’elle était enceinte. Le discours qu’elle lit sur un ton monocorde pour mieux souligner sa neutralité est rédigé par son Premier ministre, en l’occurrence Boris Johnson. La cérémonie rassemble outre le monarque, les élus de la Chambre des communes, les membres de la Chambre des Lords et des représentants des services juridique et diplomatique.

Un protocole suranné mais évolutif : carrosse, couronne, des portes qui claquent et une verge

Certaines traditions accompagnant le discours royal ont une valeur strictement cérémoniale. Les caves de Westminster sont ainsi fouillées – symboliquement – par les hallebardiers de la garde qui sont les gardes du corps de la reine. Cette inspection rappelle un épisode de 1605, lorsqu’un groupe de catholiques anglais complote un attentat contre le roi Jacques Ier d’Angleterre.

Autre détail issu de la riche histoire du parlementarisme britannique : un élu est retenu en otage à Buckingham Palace tout le temps de la cérémonie pour éviter que le souverain ne soit séquestré au Parlement. Une pratique datant de Charles 1er, dont les relations compliquées avec le Parlement aboutirent à son exécution en 1649.

La reine se rend en carrosse doré du palais de Buckingham à Westminster, flanquée de la cavalerie royale. Le trajet est bref, un carrosse précède la souveraine pour transporter sa couronne.

L’étendard royal, le Royal Standard, est hissé au mat de Westminster à la place de l’Union Jack.

Au parlement, sa Majesté emprunte un passage privé qui lui est réservé sous la Tour Victoria. Elle est tout d’abord accueillie par le Lord grand chambellan, chemine dans les couloirs du Parlement précédée d’un sergent d’armes portant une masse d’arme et prend place sur le trône de la chambre des Lords. La reine est vêtue du traditionnel manteau d’hermine et porte les bijoux d’apparat.

Intervient ensuite un gentilhomme huissier muni de la verge noire, le "Black Rod". Son rôle : aller chercher les députés de la chambre des Communes. Mais lorsque le messager royal arrive aux Communes, la porte lui est claquée au nez ! Le message est limpide : les Communes montrent ainsi leur indépendance face au pouvoir royal.

L’huissier frappe ensuite trois fois à la porte à l’aide de sa canne et peut finalement entrer. Il invite les députés : "Monsieur le Président, la reine commande à cette honorable Chambre de rejoindre sa Majesté immédiatement à la Chambre des Pairs." Les députés se rendent alors à la Chambre des Lords. Ils assisteront au discours debout. Les Lords eux sont assis, en costume, certains portent la perruque.

Le discours se conclut par l’allocution rituelle : "Je prie pour que la bénédiction de Dieu tout-puissant veille sur vos délibérations".

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