Le Danube gelé n'est plus navigable, quelque 590 morts en Europe

Un brise-glace sur le Danube, à Budapest, le 10 février 2012
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Un brise-glace sur le Danube, à Budapest, le 10 février 2012 - © Attila Kisbenedek

Le Danube bloqué par la glace sur des centaines de kilomètres, des dizaines de milliers de villageois isolés par la neige, et un bilan vendredi de quelque 590 morts, en comptant toute la Russie: le grand froid continuait à sévir sur l'Europe et menaçait même de s'aggraver ce week-end.

Le trafic sur le Danube était interrompu par les glaces sur des centaines de kilomètres en Autriche, en Hongrie, en Croatie, en Serbie et en Bulgarie, paralysant toute activité sur la principale voie navigable commerciale d'Europe.

Sur les 588 km du Danube en Serbie, les blocs de glace couvrent par endroits jusqu'à 100% de la surface du fleuve, avec une épaisseur pouvant atteindre 50 cm, une situation inédite depuis un quart de siècle, et les autorités estiment que la navigation ne pourra pas reprendre avant dix jours.

Les autorités ont annoncé vendredi avoir abandonné pour l'instant l'option, un moment envisagée, d'utiliser des explosifs pour dégager les blocs de glace.

Sur l'ensemble du continent, et particulièrement dans l'est, le froid continuait à tuer, et le bilan était vendredi matin de quelque 590 morts, toutes victimes confondues et en comptant toute la Russie.

En Ukraine, où les températures pourraient descendre jusqu'à -30 degrés Celsius ce week-end, les autorités ont cessé de communiquer de nouveaux chiffres chaque jour, mais elle restait le pays le plus touché avec 135 décès (dont 112 morts directement du froid) au dernier bilan officiel, mardi.

En Pologne, le froid a fait cinq nouvelles victimes, pour un total de 82 depuis le début de la vague de froid, sans compter la cinquantaine de personnes tuées par le monoxyde de carbone ou dans des incendies à cause de systèmes de chauffages défaillants.

En Russie, onze personnes ont péri depuis le début du mois à Moscou dans des incendies provoqués notamment par l'utilisation d'appareils de chauffage défectueux en raison de la vague de froid. Pour l'ensemble du pays, le froid a tué 46 personnes depuis début février.

Le froid a également tué 24 personnes en Lituanie, 10 en Lettonie, où le nombre d'incendies a atteint un niveau record, et une en Estonie.

En République tchèque, le froid a fait 25 morts, et l'on attendait pour ce week-end des températures tombant à -40° dans les montagnes et à -25° à Prague. On compte aussi au moins 16 morts en Hongrie, et cinq en Slovaquie.

En Roumanie, 13 morts de plus dans la nuit de jeudi à vendredi ont porté à 57 le nombre de morts, tandis que quelque 23.000 personnes étaient isolées dans l'est du pays, leurs provisions de nourriture et d'eau en cours d'épuisement.

Alors que les amas de neige atteignaient jusqu'à quatre mètres par endroits, des dizaines de maisons étaient quasiment ensevelies et les habitants contraints de passer par la fenêtre ou de creuser des tunnels dans la neige pour sortir. Le gouvernement a mis en place un pont aérien pour héliporter des denrées.

La Bulgarie, où le froid a fait 30 morts depuis dix jours et où toutes les écoles restaient fermées, a de son côté annoncé qu'elle cessait vendredi ses exportations d'électricité, ayant besoin de toute sa capacité pour faire face aux besoins du pays. Un des principaux exportateurs d'électricité dans les Balkans, elle exporte vers la Grèce, la Serbie, la Macédoine et la Turquie.

Dans les Balkans, on compte maintenant 37 morts dues au froid, et les températures continuaient un peu partout à descendre sous les -20 degrés.

Des dizaines de milliers de personnes étaient toujours isolées en raison de la neige dans des villages reculés souvent privés d'électricité en Serbie, en Croatie, en Bosnie, en Macédoine, au Monténégro et en Albanie.

Des opérations héliportées étaient en cours en Bosnie et en Macédoine pour approvisionner en vivres et en médicaments des bourgades isolées et pour transporter des personnes malades vers des hôpitaux.

Plus à l'ouest, on compte également depuis dix jours cinq morts en Grèce, cinq en Autriche, quatre en Allemagne et un aux Pays-Bas.

En France, le décès par hypothermie d'au moins trois personnes âgées, dont un homme de 83 ans qui avait quitté sa voiture bloquée par la neige pour tenter de rentrer chez lui à pied, et celui de deux sans-abri à Paris, annoncé vendredi, porte à une douzaine le nombre de morts depuis le début de la vague de froid.

En Italie, comme prévu, la neige était de retour vendredi matin, modérée mais provoquant tout de même l'angoisse, après une vague de neige et de températures glaciales qui ont fait au moins 45 morts depuis dix jours.

Dans la capitale, qui était encore épargnée dans les premières heures de la matinée, on s'attendait à 30 centimètres de neige, mais les autorités pensent cette fois être mieux préparées: elles ont distribué 4.000 pelles, positionné 600 camions de déblayage et chasse-neige sur les artères importantes ainsi que 1.000 tonnes de sel.

Les automobilistes ne pouvaient circuler que munis de chaînes, et écoles et administrations étaient fermées. Malgré tout, les habitants, traumatisés par la désorganisation et le chaos de vendredi et samedi dernier, ont stocké massivement des provisions en vue du week-end.

Enfin à Hambourg, en Allemagne, on se réjouissait du froid: pour la première fois depuis cinq ans, le plus grand festival sur glace d'Allemagne pourra avoir lieu ce week-end sur l'Aussenalster, le lac extérieur de la ville, recouvert de plus de 20 cm de glace.

AFP
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