Le covid-19 pourrait coûter 113 milliards de dollars au secteur aérien !

Le covid-19 pourrait coûter 113 milliards de dollars au secteur aérien !
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Le covid-19 pourrait coûter 113 milliards de dollars au secteur aérien ! - © FABRICE COFFRINI - AFP

C’est l’association internationale du transport aérien qui l’annonce ce jeudi : l’impact du nouveau coronavirus risque bien d’être 25 fois plus élevé que ce qui avait été envisagé dans un premier temps, il y a moins de trois semaines. Le 14 février, l’IATA, qui regroupe 290 compagnies, avait en effet prévu des pertes de revenus allant de 4 à 5 milliards de dollars pour les compagnies aériennes du monde entier, alors que 70 compagnies venaient d’annoncer la suspension de leurs vols à destination et en provenance de la Chine et que 50 autres compagnies avaient pour leur part réduit leurs activités aériennes.

Une semaine plus tard, l’estimation a été une première fois revue à la hausse : il était alors question d’un manque à gagner de 27,8 milliards de dollars en 2020, ce chiffre étant établi à partir d’un scénario tablant sur une baisse de passagers dans la région Asie-Pacifique par rapport à l’année 2019. Mais l’IATA soulignait aussi dès le 20 février que les conséquences pourraient être plus importantes encore si l’épidémie devait se répandre davantage.

C’est aujourd’hui le cas, d’où cette nouvelle estimation de l’association internationale du transport aérien, qui a cette fois établi deux scénarios.

Une expansion limitée ou une expansion massive

Dans le cas d’une expansion limitée du covid-19, l’analyse se limite aux seuls pays dans lesquels au moins 100 personnes ont été infectées, autrement dit la Chine, le Japon, Singapour, la Corée du Sud pour l’Asie ; l’Italie, la France et l’Allemagne pour l’Europe et enfin l’Iran pour le Moyen-Orient, soit 8 pays au total. Ce scénario envisage une baisse de 11% du trafic aérien mondial en 2020, ce qui engendrerait une perte de revenus passagers de 63 milliards de dollars.

Le scénario d’une expansion massive inclut quant à lui les pays dans lesquels il y a au moins dix cas confirmés, ce qui élargit considérablement la liste qui passe de 8 à 26 pays. Les conséquences seraient dès lors nettement plus impressionnantes comme le montre ce graphique de l’impact sur le nombre de passagers.

La baisse du trafic aérien mondial serait en effet de 19% et elle se traduirait par une perte de revenus de 113 milliards de dollars.

"La situation qui résulte du Covid-19 est presque sans précédent", a expliqué Alexandre de Juniac, le directeur général de l’IATA. "De nombreuses compagnies sont en train de réduire leurs capacités et prennent des mesures d’urgence pour réduire les coûts. Les gouvernements doivent en prendre note. Cette période est vraiment exceptionnelle".

Faillite, lignes suspendues, avions cloués au sol : les effets se font déjà ressentir

A côté de toutes ces prévisions, on peut aussi constater toute une série de faits. L’IATA, encore elle, vient de publier les statistiques du mois de janvier 2020 : c’est le mois avec la plus faible croissance du trafic mondial de passagers de ces dix dernières années.

Au Royaume-Uni, la compagnie aérienne régionale Flybe, à court de liquidités et dès lors incapable d’affronter les difficultés engendrées par la crise du covid-19, vient d’annoncer la cessation de ses activités. La compagnie qui emploie plus de 2000 personnes et transporte environ 8 millions de passagers par an vers 170 destinations européennes avait déjà connu des problèmes l’année dernière au point de risquer la faillite, ce qui avait incité ses actionnaires à intervenir, et puis au tout début de cette année 2020, c’est le Premier ministre Boris Johnson qui lui avait donné un coup de pouce fiscal en expliquant l’importance de Flybe dans les liaisons intérieures et la vie économique de nombreuses régions. L’argument a d’ailleurs été repris aujourd’hui par un syndicat (Unite) qui reproche au gouvernement britannique de ne pas avoir tiré les leçons de la faillite de Thomas Cook l’an dernier. "L’économie britannique dépend fortement d’une compagnie aérienne régionale viable, écrit le syndicat dans un communiqué, ne rien faire alors que nous sommes confrontés aux incertitudes du covid-19 et aux changements apportés par le Brexit est irresponsable".

Brussels Airlines revoit encore son offre de vols

En début d’après-midi, la compagnie belge a communiqué de nouvelles réductions de vols entre le 8 et le 28 mars. Outre les 30% de fréquences déjà annulées sur les vols à destination et en provenance de Milan (Linate ET Malpenza), Venise, Rome, Bologne et Turin, Brussels Airlines réduit davantage son offre de vols vers l’Italie mais aussi vers plusieurs autres destinations européennes, ce qui se traduit par une réduction de 23% de ses vols en Europe.

La maison mère de la compagnie belge, à savoir Lufthansa, avait quant à elle annoncé dès hier la mise au sol d’un cinquième de sa flotte : 25 avions long-courriers et 125 avions court et moyen-courriers. Comme d’autres compagnies affectées par la crise du coronavirus, Lufthansa a décidé de geler ses embauches et de proposer des congés sans solde à ses employés.

Au Brésil, la grande compagnie Latam Airlines Brésil vient de suspendre ses vols entre São Paulo – la capitale économique du Brésil mais aussi et surtout la plus grande ville d’Amérique du Sud – et Milan, un vol qui était jusqu’ici quotidien, sept jours par semaine.

Et ce scénario se répète aux Etats-Unis où les compagnies Delta Airlines et American Airlines suspendent à leur tour leurs vols entre New York et Milan. American Airlines a même supprimé temporairement la liaison Miami-Milan jusqu’au 25 avril.

Sujet du JT du 03/03/2020