Le corps d'Etienne Tshisekedi est de retour à Kinshasa

L’avion privé se pose sur le tarmac. L’accueil se fait en fanfare, avec les hommages militaires. Plus de deux ans après son décès, à Bruxelles, des suites d’une embolie pulmonaire, la dépouille d’Etienne Tshisekedi vient d’être rapatriée à Kinshasa. Parmi ceux qui sont là pour le recevoir, il y a bien sûr son fils, l’actuel président Félix Tshisekedi, des dignitaires de l’Église catholique, et des représentants de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), le parti qu’avait co-fondé le défunt dans la clandestinité, en 1982.

Le long de la route qui mène à l’aéroport des milliers de personnes se sont massées pour assister au passage du corbillard, vitré et éclairé, dans lequel a été placé le cercueil, recouvert du drapeau congolais. Etienne Tshisekedi, brièvement Premier ministre dans les années 1990 pendant la transition vers le multipartisme, était avant tout considéré comme un éternel opposant. Pendant quatre décennies, il a dénoncé les dérives des régimes successifs, celui de Mobutu Sese Seko, puis de Laurent-Désiré Kabila, et enfin de son fils, Joseph Kabila. Intransigeant, obstiné, dans un pays déchiré par de multiples conflits armés, il a cependant toujours prôné la lutte politique non-violente.

Parmi la foule venue lui rendre hommage, beaucoup portent un t-shirt à son effigie, ou imprimé de son slogan : " le peuple d’abord ". "Nous avons attendu ce jour pendant deux ans. Bien sûr, nous sommes tristes d’avoir perdu notre " papa ", mais c’est avant tout un jour de célébration, dit un homme dans le quartier de Limete, non loin du siège de l’UDPS. Nous sommes là pour remercier Etienne Tshisekedi de son combat".

Celui qu’on surnomme ici affectueusement " le vieux ", " le sphinx " ou " le leader maximo " était très populaire dans la capitale, où il avait la capacité de mobiliser d’immenses foules. Comme en juillet 2016, lorsqu’il y est accueilli triomphalement, après deux ans d’exil pour raisons médicales. Même mort, le pouvoir le percevait encore comme une menace.

Les funérailles auront lieu samedi

Après son décès, le 1er février 2017, à 84 ans, le rapatriement de son corps en RDC a fait l’objet d’un bras de fer entre la famille et les autorités, puis de tractations politiques.

S’il a finalement pu rentrer à Kinshasa, et recevra un enterrement en grande pompe, c’est parce que son fils, Félix Tshisekedi, a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle du 30 décembre 2018, à la suite d’un pacte avec son prédécesseur, Joseph Kabila. Un compromis auquel beaucoup murmurent qu’Etienne Tshisekedi, s’il était toujours vivant, se serait probablement, une fois de plus, opposé.

Depuis son accession à la magistrature suprême, Félix Tshisekedi, 55 ans, tente de démontrer qu’il n’est pas seulement le fils de son père, tout en se positionnant comme son héritier politique, ayant enfin accompli son rêve de prendre le pouvoir.

Les funérailles d’Etienne Tshisekedi se tiendront ce samedi, dans le grand stade des Martyrs de la capitale congolaise qui compte 80.000 places. Le patriarche pourrait être élevé au rang de " héros national ".

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