Le Conseil de l'Europe met Ankara en garde sur l'état d'urgence

Le  Président Recep Tayyip Erdogan serre la main au secrétaire général du Conseil de l'Europe Thorbjorn Jagland le 15 février
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Le Président Recep Tayyip Erdogan serre la main au secrétaire général du Conseil de l'Europe Thorbjorn Jagland le 15 février - © STR - AFP

Le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Thorbjorn Jagland, s'est dit "inquiet" vendredi devant la durée et l'étendue de l'état d'urgence instauré en Turquie au lendemain du putsch manqué de juillet 2016.

"Beaucoup d'entre nous sommes inquiets aujourd'hui de l'étendue et la durée de l'état d'urgence en vigueur", a déclaré M. Jagland dans un discours prononcé devant des élèves magistrats à Ankara.

M. Jagland a notamment cité l'arrestation de journalistes, députés, maires et défenseurs des droits de l'homme, soulignant leur importance "pour une démocratie efficace et fonctionnelle".

"Lancer un coup de filet trop large a pour résultat de diffuser une atmosphère effrayante dans l'ensemble de la société", a-t-il ajouté.

L'état d'urgence a été instauré en Turquie quelques jours après une tentative de coup d'Etat le 15 juillet 2016, que les autorités imputent au prédicateur Fethullah Gülen, installé aux Etats-Unis et qui nie toute implication.

Des purges sans précédent ont été lancées dans ce cadre, au cours desquelles plus de 140.000 personnes ont été limogées ou suspendues et plus de 50.000 arrêtées.

M. Jagland a appelé la Turquie à examiner les requêtes et les appels des personnes concernées dans le respect de la Convention européenne des droits de l'homme, afin d'éviter une "surcharge" à la Cour européenne des droits de l'homme qui a été saisie de nombreux recours.

"Surcharger la Cour ne fera que soulever la question de la capacité et de la volonté de la Turquie de faire respecter la convention", a-t-il mis en garde.

M. Jagland a également insisté sur l'importance de la Cour constitutionnelle, dont l'autorité a été mise en question le mois dernier lorsque des tribunaux de première instance turcs se sont opposés à une de ses décisions concernant la libération de deux journalistes et écrivains.

"Si les décisions de la Cour constitutionnelle ne sont pas appliquées, l'état de droit est ébranlé", a-t-il déclaré.

 


Belga

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