Le clan Trump ou les soutiens (presque) indéfectibles d'un président en campagne

Le clan Trump ou les soutiens (presque) indéfectibles d'un président en campagne
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Le clan Trump ou les soutiens (presque) indéfectibles d'un président en campagne - © Tous droits réservés

A l'heure de lancer sa campagne pour renouveler son mandat à la Maison-Blanche, Donald Trump peut compter sur les siens. Femme et enfants, tous, à l'exception d'une nièce et d'une sœur ainée au discours divergent, montent au créneau lors de la convention républicaine qui a lieu cette semaine à Charlotte. Tour d'horizon.

Melania Trump, la first lady

Au fil de leur quatre années de cohabitation à la Maison-Blanche, on l'a souvent dit en froid avec son président de mari. Pourtant, ce mardi la first lady a prononcé depuis Washington un discours de 25 minutes dans lequel elle a dépeint un portrait flatteur du candidat Donald Trump.

"Il est ce qu'il y a de mieux pour le pays" assure la troisième femme du milliardaire. Devenue citoyenne américaine après avoir quitté la Slovénie, celle qui fut mannequin dans une vie précédente a rappelé sa "fierté" d'immigrante, ironique à l'heure où son mari prône, sans ambages, un contrôle strict des flux migratoires.

Polyglotte, capable d'arrondir les angles, Melania est l'atout charme du candidat républicain. "Elle humanise le personnage, montre de l'empathie quand Trump lui en est incapable" explique François Durpaire, historien français et spécialiste des Etats-Unis à l'Université de  Cergy-Pontoise. Celle qui lui a donné son cinquième enfant, Barron, 14 ans, entend bien, en novembre prochain, revêtir à nouveau l'habit de première dame.

Ivanka Trump, la favorite

Fille ainée de Donald Trump, elle a été pendant quatre ans l'une des plus proches conseillers du président. Fort d'un bureau à la Maison-Blanche et d'une place de choix au sein de l'administration, Ivanka Trump est devenue incontournable dans la sphère du pouvoir à Washington. A 38 ans, cette mère de trois enfants, businesswoman avisée à l'origine d'une marque de vêtements et d'accessoires, assume pleinement le bilan politique de l'actuel président et entend bien le défendre pied-à-pied.

Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si c'est elle, jeudi, qui prendra la parole en clôture de la convention républicaine, introduisant le discours final de Donald Trump.

Reste une ombre au tableau. Jared Kushner, son mari propulsé conseiller du président il y a quatre ans, et actuellement au centre de plusieurs controverses, brillera par son absence à la tribune de la convention. Signe peut-être que "son étoile a décliné", souligne Costas Panagopoulos, professeur de sciences politiques à l'université Northeastern de Boston, à l'AFP.

Donald Trump Jr., la relève

L'ainé des enfants de Donald Trump a beau officiellement s'occuper du business familial depuis New York, il n'en reste pas moins l'un des animateurs de cette campagne de réélection côté républicain. Accro à Twitter comme son père, Donald Junior, qui songe désormais ouvertement à un mandat électoral, n'est jamais à court de provocation. Ce lundi, en ouverture de la convention républicaine, le porte-flingue du président a fustigé un Joe Biden qu'il présente comme le "monstre du Loch Ness" des élites politiques de Washington. Un candidat démocrate accusé de "s'attaquer aux principes fondateurs" des Etats-Unis, et d'encourager "émeutes, pillage et vandalisme."

Une tonalité reprise quelques minutes plus tard à la tribune par celle qui partage désormais sa vie, Kimberly Guilfoyle, ex-présentatrice de Fox News, devenue une des responsables du financement de la campagne Trump 2020. Enthousiaste, voire exaltée diront certains, elle a tour à tour dénoncé un camp démocrate qui voudrait rendre les Américains "esclaves" d'une idéologie gauchiste et clamé sa passion pour l'actuel locataire de la Maison-Blanche. "Le président Trump est le leader qui reconstruira la promesse de l'Amérique et qui veillera à ce que chaque citoyen puisse réaliser son rêve américain" affirme cette nouvelle venue au sein du clan Trump.

Eric Trump, le cadet

Depuis New York où il préside, avec son frère, aux destinées de la Trump Organization, Eric Trump ne manque jamais une occasion de louer les qualités politiques et personnelles de son père. "Quand il s'agit de trouver des gens capables de faire sa promotion auprès des Américains, Trump fait avant tout confiance à sa famille", explique Katherine Jellison, politologue à Ohio University.

Lui aussi orateur lors de la convention républicaine, le second fils de Donald Trump, a vanté, avec force détails, le bilan présidentiel: "L'économie, le mur, l'armée, les accords commerciaux, les réductions d'impôts, les juges de la Cour suprême, les hôpitaux de vétérans, les médicaments sur ordonnance, le choix de l'école, le droit d'essayer, le déménagement de notre ambassade à Jérusalem, la paix au Moyen-Orient, les guerres ont enfin pris fin. Les promesses faites ont pour la première fois été tenues", affirme l'homme de 36 ans, adepte de safari en Afrique, quand il n'administre pas le vignoble paternel en Virginie.

Tiffany Trump, la seconde

La deuxième fille du président, fruit de son second mariage avec l'actrice Marla Maples, était jusque là restée discrète, essentiellement connue des Américains pour son compte Instagram, où elle divertit son million d'abonnés avec des instantanés de sa vie, entre selfie dans le bureau ovale et photo glamour dans les Hampton. Mais à 26 ans, Tiffany Trump, tout juste diplômée de la Georgetown Law School, entend bien à son tour prendre part au débat politique.

Avec dans sa ligne de mire, les médias. Selon elle, les récentes publications de Donald Trump signalées comme mensongères sont la preuve d'un "esclavage mental" entretenu par les médias et les réseaux sociaux afin de maintenir "le contrôle". Propos tenus ce mardi, toujours lors d'une convention républicaine aux faux airs de "convention Trump". 

Mary L. Trump, la nièce encombrante

Contrairement à ses cousins et cousines, Mary Trump ne risque pas d'être invitée à s'exprimer à la tribune. Et pour cause, la nièce du président, fille du frère ainé de Donald, n'est pas du genre à encenser son oncle. Autrice d'un brûlot intitulé "Too Much and Never Enough : How My Family Created the World's Most Dangerous Man" ("Trop et jamais assez : comment ma famille a créé l'homme le plus dangereux du monde"), livre écoulé à quelque 950 000 exemplaires dès le premier jour, cette psychologue de 55 ans offre un diagnostic sans appel.

L'ex-magnat de l'immobilier auraient des "comportements tordus", signes de "pathologies si complexes qu'établir un diagnostic complet demanderait toute une batterie de tests psychologiques et neuro-physiques." 

Maryanne Trump Barry, la sœur à charge

Un point de vue qu'elle ne serait pas la seule à avoir dans la famille. Au cours d'une conversation privée, dont l'enregistrement a depuis été publié par le Washington Post, Maryanne Trump Barry, la sœur ainée de Donald, évoque un homme "cruel" et "menteur". "Ses fichus tweets et ses mensonges, oh mon Dieu " souffle cette ancienne juge fédérale âgée de 82 ans. "Il est entré à l'université de Pennsylvanie parce qu'il a fait passer les examens à quelqu'un d'autre", ajoute-t-elle, indiquant se souvenir du nom de l'intéressé.

Qu'ils soient pro ou anti Donald, jamais dans l'histoire récente des Etats-Unis, la famille d'un président n'avait joué un rôle aussi prééminent. "Donald Trump utilise sa famille, présente chaque jour de la convention, comme une arme pour convaincre les 10% d'électeurs qui sont encore indécis, ça représente 21 millions d'Américains" analyse François Durpaire. Au lieu de mettre en scène l'unité du parti autour du candidat, Trump s'attache à montrer l'unité de sa famille autour de sa propre personne. "Il tente de faire ce qui a déjà marché il y a 4 ans, de rejouer la campagne, mais en attendant il n'offre pas de perspectives, sauf à dire que c'est lui ou le chaos" explique M. Durpaire. Un pari gagnant ? Ce sera aux électeurs américains d'en décider.

 

 

 

JT du 26/08/2020 - Convention républicaine : le clan Trump s'affiche uni

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