La situation continue de s'aggraver au Chili, qui a bien du mal à compter ses morts dus au Covid-19

Certains hôpitaux de Santiago la capitale sont débordés par le nombre de patients qui afflue
4 images
Certains hôpitaux de Santiago la capitale sont débordés par le nombre de patients qui afflue - © ERNESTO BENAVIDES - AFP

Trois changements de méthode de comptage des victimes du Covid-19 en une dizaine de jours. Le ministère de la santé chilien semble ne plus savoir comment compter.

En cause, le nombre de décès dus au coronavirus. Officiellement, le Chili totalisait samedi 167.355 contaminations et 3101 décès depuis l’apparition du premier cas le 3 mars. Mais un média d’investigation chilien a révélé que les chiffres transmis à l’OMS étaient bien plus importants, près de 5000.

La différence entre cas suspects et cas confirmés

La sous-secrétaire d'Etat à la Santé, Paula Daza, a reconnu ces chiffres et expliqué que l’écart était lié aux différences de méthodologie : le rapport hebdomadaire à l’OMS intègre les décès confirmés liés au Covid-19 ainsi que les cas suspects, tandis que le rapport quotidien du gouvernement ne prend en compte que les cas confirmés par un test PCR, à partir d’un prélèvement profond dans le nez avec un écouvillon. Une explication qui n’a pas réellement apaisé les esprits.

Car la situation sanitaire n’est pas bonne. Vendredi, le pays avait enregistré ses pires chiffres quotidiens concernant l’épidémie de coronavirus, avec 222 décès et 6754 nouvelles infections au cours des dernières 24 heures. Mais un doute subsiste désormais sur leur réelle fiabilité. "La situation dans notre pays continue à s’aggraver, surtout dans la région métropolitaine de Santiago ", a déclaré Arturo Zuniga, un responsable du ministère de la Santé.
 

Démission politique en pleine crise sanitaire

Le ministre de la santé, Jaime Mañalich, qui était très loin de faire l’unanimité a été évincé du gouvernement ce samedi. Un nouveau ministre de la santé a été désigné dans ce contexte très difficile : 7000 nouveaux cas en 24 heures. Enrique Paris, c’est son nom, a prévenu ses compatriotes que le plus difficile était encore à venir. "Je crois qu’en août seulement, si Dieu le veut, nous allons voir les efforts de la quarantaine récompensés, si les gens respectent le confinement".

Ce pays de 19 millions d’habitants avait pourtant été un des tout premier d’Amérique latine à prendre de larges mesures de manière préventive, dont un état d’urgence sanitaire dès le 7 février dernier. Ensuite, les frontières ont été fermées, tout comme les écoles et même les rues puisqu’un couvre-feu avait été décrété.

 

L’échec du confinement modulable

Mais contrairement à beaucoup d’autres régions du monde, le Chili a opté pour des confinements modulables en fonction des foyers et non pas pour un confinement général. Une méthode qui a fonctionné dans les quartiers les plus aisés mais qui s’est révélée bien moins efficaces dans les quartiers pauvres.

Ceux qui n’avaient pas d’autre choix ont continué à travailler, parfois jusqu’à la mi-mai, les aides promises par le gouvernement tardant à venir. Mais une réelle explosion du nombre de cas a fini par faire changer d’avis les autorités. Le confinement est devenu total pour les habitants de Santiago, la capitale. Soit environ 7 millions de personnes.

Les effets de l’autre crise chilienne

Une des explications possibles par rapport au nombre de cas très important au Chili ce sont les effets de la crise économique. Une partie de la population était déjà à genou financièrement, elle est désormais terrassée par le virus.

Depuis plusieurs mois, une contestation sociale agitait tout le pays. Les mobilisations, souvent violentes, dénonçaient les inégalités économiques qui frappent ce pays très inégalitaire. La déconnexion de la classe politique par rapport à la réalité quotidienne souvent difficile de nombreux Chiliens a aussi été dénoncée par les contestataires lorsqu’ils descendaient dans la rue.

Emeutes de la faim au Chili, le 19 mai dernier (JT):

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK