Le Cachemire indien sous haute tension après la révocation de son autonomie

Un soldat monte la garde dans une rue de Srinagar le 6 août 2019
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Un soldat monte la garde dans une rue de Srinagar le 6 août 2019 - © Sajjad HUSSAIN

Le Cachemire indien, coupé du monde après la décision de New Delhi de supprimer son statut d'autonomie, était mardi sous haute tension, certains habitants faisant état de soldats omniprésents et de manifestations.

Au moins six personnes ont été blessées lors de ces manifestations, qui ont éclaté après le décret présidentiel révoquant l'autonomie constitutionnelle de la partie du Cachemire que l'Inde contrôle et que le Pakistan revendique

Un hôpital de Srinagar, ville principale de ce territoire, a admis six patients blessés notamment par balles, a-t-on appris auprès d'une source de cet établissement sous couvert d'anonymat.

Suspension des liaisons téléphoniques 

L'Etat himalayen du Jammu-et-Cachemire, situé dans l'extrême nord du pays, a été virtuellement coupé du reste du pays : les autorités ont suspendu les liaisons téléphoniques et la couverture internet en amont de la décision annoncée lundi par le gouvernement du Premier ministre nationaliste hindou Narendra Modi.

Les rassemblements publics ont également été interdits.

Des témoignages concernant la situation sur place ont pu être recueillis auprès de passagers arrivant de Srinagar à New Delhi. Un voyageur ayant requis l'anonymat a raconté avoir entendu des tirs intermittents depuis lundi ainsi que des cris de soldats durant la nuit. Les troupes gouvernementales sont déployées "tous les deux mètres", a-t-il ajouté.

"Ma voiture a été contrôlée au moins 25 fois sur le chemin de l'aéroport et il m'a fallu presque quatre heures pour parcourir un trajet qui prend habituellement à peine trente minutes", a-t-il raconté l'AFP.

Mubeen Masoodi, lui aussi à peine rentré de Srinagar, était à un mariage dimanche soir lorsque soudain les invités ont remarqué que leurs téléphones ne fonctionnaient plus.

"Arrestations arbitraires"

"On était en train de manger aux environs de minuit, quand les téléphones se sont déconnectés les uns après les autres (...) et c'est alors que les gens ont réalisé que quelque chose de grave se passait et sont rentrés précipitamment chez eux".

Un autre passager, Farooq Sheikh, a confié à l'agence Press Trust of India qu'il se sentait "prisonnier dans sa propre ville".

"Le réseau mobile a été supprimé, internet suspendu, et même le câble et les lignes fixes ne fonctionnent plus. On se sentait en cage ou prisonnier dans notre propre maison, notre propre ville", a-t-il dit.

Ces témoignages sont intervenus alors qu'un porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU pour les Réfugiés (HCR) Rupert Colville a jugé profondément inquiétants le coup de vis sécuritaire et l'interruption des moyens de communication.

"Nous assistons de nouveau à des restrictions généralisées des moyens de communication, peut-être même encore plus généralisées qu'auparavant, ainsi qu'à des arrestations arbitraires de dirigeants politiques et des restrictions à la liberté de réunion", a-t-il déploré mardi à Genève devant des journalistes.

Forces armée dans les rues de Srinagar, ce 07 août

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