Le Brunei va punir les actes homosexuels et l'infidélité par la lapidation

L’homosexualité et l’adultère vont bientôt être passibles de la lapidation au Brunei. Le sultanat d'Asie du Sud-Est s'apprête à mettre en vigueur les peines les plus sévères de la charia, la loi islamique, déjà en application sur l’île. Déjà illégale, l’homosexualité sera également considérée comme un crime.

La nouvelle législation de ce petit sultanat pétrolier, situé sur l’île de Bornéo, prévoit aussi l’amputation d’une main ou d’un pied pour vol. Ces peines sont inscrites dans de nouvelles sections du Code pénal islamique du Brunei Darussalam, le nom officiel du pays, qui doivent entrer en vigueur le 3 avril 2019, d’après un avis diffusé en toute discrétion sur le site Web de la procureure générale.

"Les nouvelles dispositions du Code pénal du Brunei permettraient que soient prononcées des peines de lapidation et d’amputation, y compris contre les enfants, pour n’en citer que les aspects les plus odieux", déclare dans un communiqué Rachel Chhoa-Howard, chercheuse sur le Brunei, à Amnesty International.

"Le fait de rendre légales ces peines cruelles et inhumaines est en soi consternant. Certains des actes incriminés, à l’image des relations sexuelles consenties entre adultes du même genre, ne devraient même pas être considérés comme des infractions", a fait savoir Rachel Chhoa-Howard. "Ces dispositions abusives avaient été largement condamnées lorsqu’elles avaient été débattues pour la première fois il y a de cela cinq années."

Un monarque tout puissant

Le sultan Hassanal Bolkiah avait déjà annoncé l’introduction de la charia en 2014, provoquant l'indignation des défenseurs des droits de l’Homme. Ce n'est que récemment que celle-ci a réellement été mise en application.

Depuis l’abdication de son père en 1967, le sultan Hassanal Bolkiah règne sans partage et gouverne en monarque absolu sur ce petit royaume qui compte un peu plus de 450.000 habitants. En plus d'être sultan, il cumule également les fonctions de Premier ministre du pays mais aussi de ministre de la Défense, ministre des Finances ou encore commandant suprême des forces armées de Brunei.

Multi-milliardaire, le sultan est considéré comme l'un des dirigeants les plus riches du monde. Il est également propriétaire entre autres d'une chaîne d’hôtels et de nombreux établissements de prestige en Europe et dans le reste du monde. 

La pratique de l'Islam au Brunei est d'ailleurs réputée bien plus conservatrice qu’en Malaisie ou en Indonésie, pays musulmans voisins. Le pays compte par exemple deux systèmes judiciaires, l’un civil et l’autre islamique. La majorité des habitants sont musulmans, religion officielle du pays, mais le pays compte également une présence bouddhiste et une communauté chrétienne.

Suite à ces nouvelles mesures, Amnesty International précise que les actes de torture et les mauvais traitements sont entièrement interdits dans les principaux instruments internationaux relatifs aux droits humains, dont la plupart n’ont pas été signés ni ratifiés par le Brunei. La rapport conclut en affirmant que "cette interdiction est considérée comme une règle inconditionnelle du droit international coutumier, ce qui signifie que tous les États sont tenus de la respecter même s’ils ne sont pas parties au traité relatif aux droits humains y afférents. Tous les actes de torture sont des crimes au regard du droit international".

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