Le bracelet électronique pour les familles expulsables, la solution ?

Plusieurs pays autorisent le bracelet électronique pour les demandeurs d'asile
Plusieurs pays autorisent le bracelet électronique pour les demandeurs d'asile - © DIRK WAEM - BELGA

Maison de retour ou centre fermé ? Les débats font rage pour savoir de quelle manière la Belgique doit traiter les familles expulsables du territoire. La député fédérale cdH Catherine Fonck propose de mettre en place une alternative : le bracelet électronique parental. Cette méthode, non systématique, serait une solution de dernier recours pour les familles qui se seraient soustraites aux accords à plusieurs reprises.

Un système similaire déjà mis en place dans trois pays

Les États-Unis, la Grande-Bretagne et plus récemment le Canada ont considéré cette question en amont de l'expulsion. Ils offrent la possibilité aux demandeurs d'asile de porter un bracelet électronique, à titre d'alternative partielle à l'enfermement. A chaque fois, il s’agit de répondre à un contexte difficile : infrastructures d’accueils insuffisantes, conditions humanitaires problématiques et manques de moyens financiers.

Aux États-Unis, environ 40 000 demandeurs d’asiles portent un bracelet électronique. Les autorités fédérales ont mis en place le programme ISAP (Intensive Supervision of Appearance Program), qui encadre cette pratique largement développée depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump. La pose d’un tel appareil ne s'effectue que sur base volontaire, et reste interdite sur les enfants, les femmes enceintes ou à toute autre personne pour raison médicale.

Traçage et humiliation

Les autorités vantent une méthode souple et efficace. La balise GPS placée dans le bracelet permet de savoir à tout moment, 24h/24, où se trouve la personne et donc de l'intercepter si besoin. Près de 90% des détenteurs de bracelet électronique répondraient aux convocations des autorités. Et sur un plan humanitaire, cela permet aux parents et aux enfants de ne pas vivre en centre fermé.

En revanche comme le rapportent plusieurs enquêtes, les personnes porteuses de tels bracelets accumulent les difficultés. Elles peuvent se sentir stigmatisées et entravées dans les mouvements les plus élémentaires (dormir ou faire de l’exercice). Des avocats et défenseurs des droits civils dénoncent des conséquences sur la santé, notamment sur des risques de chocs électriques ou de saignements. Certains modèles de bracelets, lorsqu’ils ont besoin d’être rechargés, émettent de puissantes alarmes, ce qui peut s'avérer inconfortable. Comme l'explique Jose Santos Garcia, un demandeur d’asile salvadorien qui a traversé la frontière avec sa fille de huit ans, "c’est humiliant de porter un bracelet électronique. Je ressemble à un prisonnier assigné à résidence. (...)Je suis juste entré dans un autre pays, à la recherches d’opportunités, et je dois porter ça".

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