Le bilan officiel du typhon Haiyan aux Philippines s'établit à plus de 2000 morts

La plupart des victimes habitaient les provinces de Leyte et de Samar, particulièrement durement touchées par Haiyan. Quelque 600 000 personnes se retrouvent sans abri. On dénombre également 3665 blessés.

L'ONU, qui a lancé mardi un appel aux dons pour 301 millions de dollars (225 millions d'euros), a évoqué la mort de quelque 10 000 personnes dans la seule ville de Tacloban, mais le président philippin Benigno Aquino a estimé que ce chiffre était "trop élevé", évoquant "2000 à 2500" morts.

Cinq jours après le passage du typhon Haiyan, l'un des plus puissants à avoir jamais touché terre, accompagné de vents à plus de 300 km/heure et de vagues de plus de 5 mètres, de nombreux sinistrés de Tacloban ont perdu tout espoir et cherchent à tout prix à fuir cette apocalypse.

Certains d'entre eux, épuisés, traumatisés et affamés, ont provoqué une bousculade mercredi matin à l'aéroport de la ville, en ruines, suppliant de pouvoir embarquer dans un des avions militaires qui apportent aide humanitaire et équipement.

Les vols, uniquement militaires, arrivant et repartant de Tacloban, sont encore très "limités" et les ferries surchargés, a indiqué Patrick Fuller, porte-parole de la Croix-Rouge internationale en Asie-Pacifique. "Vous pouvez comprendre le désespoir des gens".

Malgré les promesses de dons de la communauté internationale et l'envoi d'une armada de navires de guerre occidentaux dont la plupart mettront plusieurs jours à arriver, l'aide parvient encore au compte-goutte.

5 images
Tacloban dans la province de Leyte © TED ALJIBE - IMAGEGLOBE

Les rescapés du typhon tentent de fuir l'apocalypse

Plus de 650 000 personnes sont sans toit, l'armée est mobilisée. Des sinistrés innombrables sont piégés par routes, ponts ou aéroports inutilisables, incapables de communiquer avec leurs proches dans le reste du pays. Alors certains tentent de profiter de vols de l'armée philippine à Tacloban, la capitale de Leyte.

Comme Maria Adelfa Jomerez, 58 ans, qui a décidé de quitter Tacloban pour rejoindre sa fille à Manille, en laissant tout derrière elle, y compris les corps de son fils, de sa belle-fille et de son petit-fils de quatre ans.

Elle a abandonné la dépouille du petit garçon sous une bâche dans un hôtel ravagé qui sert de morgue temporaire. Celles des parents reposent dans une entreprise de pompes funèbres.

5 images
De nombreux corps abandonnés. © NOEL CELIS - IMAGEGLOBE

"Je (leur) ai demandé de donner à mon fils et à sa femme de vrais cercueils, mais ils m'ont dit que leur personnel n'était pas venu travailler et que certains étaient probablement morts aussi", explique-t-elle.

"Il n'y a pas de véhicule pour les transporter au cimetière de toute façon (...). Je préférerais qu'ils ne soient pas enterrés dans une fosse commune mais je ne peux rien faire pour ça".

Comme des centaines d'autres rescapés, elle n'a pu faire qu'attendre sous la pluie dans l'aéroport en ruines de Tacloban, espérant être parmi les quelque 150 sinistrés finalement évacués par un avion de transport militaire mardi.

Devant la foule, une vingtaine de soldats philippins armés gardent le tarmac pour empêcher les survivants de se précipiter sur les avions qui apportent avec eux aide humanitaire, équipement et journalistes.

"Chacun pour soi"

Dans la queue des candidats à l'exode, un groupe d'enfants portent autour du cou des pancartes écrites à la main disant "survivant", placés par des responsables pour qu'ils soient prioritaires.

5 images
Le bilan du typhon Haiyan aux Philippines reste toujours incertain © Tous droits réservés

Mais il y a aussi Jemalyn Lamberto, 38 ans, dont le mari est parti travailler à Chypre. Accompagnée de sa fille, de sa nièce et de sa belle-mère, elle pleure en silence, sans prêter attention à la pluie.

"On nous a dit de faire la queue et de ne pas lâcher nos positions. Mais quand un avion est arrivé, c'était chacun pour soi".

La mère de famille veut quitter la ville quasiment rasée pour appeler son mari qui ne sait pas si sa famille est encore vivante mais aussi pour échapper à cette apocalypse.

"Il est impossible de rester à Tacloban. Tout est en ruines. Les morts commencent à sentir. Il n'y a rien à manger", explique-t-elle.

5 images
Des centaines de Philippins faisant la file pour embarquer dans les avions. © TED ALJIBE - IMAGEGLOBE

Pendant ce temps, la peur est également palpable dans d'autres parties du pays épargnées mais sans nouvelles de proches qui vivaient dans les régions touchées.

Devant le nombre croissant de Philippins voulant entreprendre le voyage vers les îles ravagées, par les airs ou par mer, le ministre de l'Intérieur Mar Roxas a mis en garde contre le risque qu'ils ne freinent les secours.

"Ils atterrissent à l'aéroport et alors ils ajoutent au problème. Ils pensent qu'il y a des transports( mais) il n'y a rien. Alors ils sont bloqués à l'aéroport", a-t-il souligné.

Mais Elsie Legaspi Damiles, femme au foyer de 52 ans, n'en a cure et veut à tout prix rejoindre par avion l'île de Leyte où vivent sa fille de 28 ans, son beau-fils et leurs trois enfants.

 

RTBF avec dépêches

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK