Le belge Mustapha Awad condamné à douze mois de prison en Israël



Le belge Mustapha Awad a écopé de douze mois de prison pour "appartenance à une organisation illégale" dans un tribunal israélien ce mercredi. Ce mardi, avant l’audience, sur le campus de l’ULB, ils étaient une petite cinquantaine à crier leur soutien au jeune homme de 36 ans.

De nationalité belge et d’origine palestinienne, Mustapha Awad a été arrêté en juillet par les autorités israéliennes alors qu’il voulait se rendre sur la terre d’origine de ses parents. "Il a voulu rentrer en Cisjordanie occupée, par la Jordanie, raconte Myriam De Ly du Comité Free Mustapha. Mais la police israélienne, ou les services secrets (on ne sait pas très bien) l'ont attendu et l'ont arrêté immédiatement".

Israël accuse Mustapha Awad d’appartenir depuis 2010 au Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), une organisation considérée comme terroriste par Israël. D’après les membres du comité de soutien, c’est un post Facebook en soutien au FPLP qui aurait entraîné l’arrestation de Mustapha Awad. Ils affirment également qu’il a subi de mauvais traitements. "Un avocat israélien nous a communiqué qu'il a été interrogé 20 heures sur 24, donc c'est trois équipes d'interrogateurs qui se succédaient, relate Myriam De Ly. C'est donc vraiment de la torture!" Pour le président d'honneur de la Ligue des Droits de l’Homme Alexis Deswaef, c'est un traitement qualifié d'inhumain en droit international.

Négociation de peine

Alors qu’il a toujours nié toute appartenance au FPLP, Mustapha Awad a fini par avouer dans le but d’éviter une peine beaucoup plus lourde. Pour Alexis Deswaef, la Belgique devait en faire plus pour venir en aide au jeune belge qui est victime, d'après lui, de fausses accusations: "On a l'impression que la Belgique abandonne un citoyen belge parce qu'ils ne savent rien faire. Il faudrait taper très fort sur la table en disant qu'on ne traite pas un citoyen belge comme ça. Parce que demain, ça peut être vous, ça peut être moi, et c'est inacceptable". 

Il y a un peu plus d'un mois, 64 personnalités belges ont interpellé dans une carte blanche le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders pour qu’il intervienne publiquement auprès du gouvernement israélien en faveur de la libération de Mustapha Awad. Le texte s’étonne de la réserve affichée par le ministre dans ce cas-ci, alors qu’il aurait manifesté plus de détermination en faveur de la Belgo-Nicaraguayenne Amaya Coppens. 

Cette attitude à genoux devant le gouvernement israélien n'est digne d'un état comme la Belgique

Un avis partagé par Alexis Deswaef : "Nous n’avons pas entendu Didier Reyners prendre position publiquement comme il le fait pour d'autres citoyens belges à juste titre. Ici, il ne le fait pas parce que c'est le gouvernement israélien, qu'il n'ose pas. Cette attitude à genoux devant le gouvernement israélien n'est digne d'un état comme la Belgique qui va prendre place à la table du conseil de sécurité des Nations Unies pour faire respecter le droit international".

Contacté par la RTBF, le ministère des affaires étrangères dit suivre le dossier de très prêt (notamment via l'ambassade belge en Israël) et avoir fait tout ce qui était en son pouvoir afin d’aider Mustapha Awad. D’après l’avocate Belge de Mustapha Awad, la Belgique pourrait encore négocier avec Israël afin d’obtenir une réduction de peine. "La qualification d'appartenance à une organisation illégale n'existe pas dans le droit belge, explique Me Joke Callewaert. La Belgique pourrait décider de négocier car en Belgique, il ne serait jamais condamné pour cela". 

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