Le bateau Sea Watch entre à Lampedusa, sa capitaine arrêtée

Le bateau, qui transportait 40 migrants, a accosté dans le port de Lampedusa malgré un blocus. La police a interpellé sa capitaine, accusée de "résistance ou violence envers un navire de guerre".

Un peu avant 3h, la police est montée à bord du navire humanitaire pour arrêter la capitaine du Sea Watch, qui avait choisi de forcer le blocus et se dirigeait vers Lampedusa. Carola Rackete a posé le pied à terre, encadrée par des agents et sans menottes. Selon les médias italiens, elle risque jusqu’à 10 ans de prison.

Quant aux 40 migrants, ils ont pu débarquer peu après 5h30 et ont été conduits dans le centre d’accueil de l’île. Ils avaient été secourus dans les eaux internationales au large de la Libye. Au fur et à mesure, 13 d’entre eux avaient été évacués vers Lampedusa, essentiellement pour des raisons médicales. Pour les 40 restants, c’était encore l’incertitude.

Sur le quai du port de Lampedusa, des habitants et militants étaient venus acclamer l’arrivée du navire, tandis que d’autres ont applaudi l’arrestation aux cris de "Les menottes !", "Honte !", "Va-t’en !".

Dans une vidéo publiée durant la nuit sur le compte Twitter de l’organisation Sea-Watch International, la capitaine Carola Rackete déclare qu’il est urgent de mettre ses passagers à l’abri. "Nous attendons encore et toujours une solution qui ne se dessine malheureusement pas. C’est pourquoi j’ai maintenant moi-même décidé d’accoster dans le port".

Réactions politiques

Sur Twitter, le ministre de l’intérieur Matteo Salvini a exprimé sa grande satisfaction. "Mission accomplie", "Capitaine hors-la-loi arrêtée, navire pirate séquestré, maxi-amende à l’ONG étrangère". Il a par ailleurs fait part de sa "honte face au silence du gouvernement des Pays-Bas", pays dont le Sea-Watch bat pavillon.

De manière plus mesurée, le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte a déclaré depuis le G20 d’Osaka "Je ne veux pas me substituer au pouvoir judiciaire, qui est responsable de l’application des lois […]. Mais les lois existent, qu’on le veuille ou non".

 

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