Le 20 juillet, un jour de fête(s) en Amérique

Le 20 juillet, un jour de fête(s) en Amérique
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Le 20 juillet, un jour de fête(s) en Amérique - © Belga et AFP

Si pour la majorité des Belges, le 20 juillet se résume à la veille de la fête nationale, dans plusieurs pays du continent américain, il s’agit d’un jour de célébration. Petit tour d’horizon des différentes fêtes célébrées aujourd’hui de l’autre côté de la Terre.

L’indépendance de la Colombie, une histoire de vase

Le 20 juillet en Colombie, c’est le 21 juillet en Belgique, le jour de la fête nationale. Une date choisie par les Colombiens pour une histoire de vase cassée aux conséquences énormes.

Appelée alors "Nouvelle-Grenade", l’actuelle Colombie est sous le joug espagnol depuis la fin du 15e siècle. Alors que le monde est touché par une série de révolutions à la fin du 18e siècle, la Colombie est, elle, toujours une vice-royauté espagnole.

Mais tout doucement, les locaux, les Créoles souhaitent obtenir plus de droits et d'implication dans la gestion administrative quotidienne et notamment dans la capitale, Bogota (appelée aussi Santa Fe de Bogota).

Le 20 juillet 1810, après le refus de l’instauration d’un conseil d’administration par le vice-roi espagnol, les Créoles se rendent chez un marchand espagnol, José Gonzalez Llorente dans le but de lui emprunter un vase pour un dîner entre Créoles, le vase de Llorente (El Florero de Llorente").

La Reyerta

Mais tout ça n’est qu’une ruse car les locaux sont bien conscients de la froideur de Llorente, un espagnol pure souche, à leur égard. Evidemment, le marchand refuse de leur prêter le vase et les Créoles le cassent pour inviter les gens à se rebeller contre les Espagnols.

S’ensuit une rixe ("reyerta" en espagnol, qui est un autre nom donné çà cet événement) entre le marchand Llorente et le Créole venu lui demander le vase, Pantaleon Santamaria, sur la place principale de la ville qui deviendra plus tard la Plaza Bolivar.

Si le calme reviendra après cet affrontement, il marque tout de même un tournant puisque dans la foulée des événements, les habitants de Bogota instaurent la première assemblée représentative qui va défier l’autorité espagnole.

Un tournant vers l’indépendance colombienne qui sera proclamée en 1813 avant la République, en 1819. Un jour si important qu’il a été choisi comme référence pour la fête nationale colombienne, "Grito de Independencia" (Cri d’indépendance).

Le Honduras célèbre son héros indien

Chaque année, au Honduras, le 20 juillet rime avec "Dia Del Indio Lempira" traduction : le Jour de l’Indien Lempira. Les passionnés de ce pays d’Amérique centrale et les numismates les plus experts le sauront déjà mais le Lempira c’est aussi le nom donné à la monnaie du Honduras, preuve de l’importance de ce personnage.

Né en 1499, Lempira (c’est son nom complet) était le chef d’un peuple indien des Lencas. Il est la principale figure de lutte dans cette partie du continent contre les armées d’invasion venues d’Espagne à la conquête du "Nouveau Monde".

Son nom signifie en Lenca "le seigneur des montagnes" lieu de vie du peuple Lenca. Beaucoup d’auteurs le définissent comme homme au grand courage et profondément amoureux de son peuple, sa terre et ses coutumes.

"Le Vercingétorix hondurien"

Dans sa lutte contre les Espagnols, il parvient à réaliser l’exploit d’unir les villages indiens de la région. Une sorte de Vercingétorix hondurien qui a fini par mener une armée de 30.000 soldats issus de près de 200 villages pour affronter l’envahisseur ibérique.

Malheureusement, Lempira vivra le même sort que son homologue gaulois : victime d’une trahison, il est assassiné lors d’une rencontre pour négocier la paix avec ses ennemis. C’est, en tout cas, une des deux versions.

Selon un autre auteur de l’époque, Lempira serait mort sur le champ de bataille. Quoi qu’il en soit, ce chef indien symbolise toujours une figure fondamentale de l’histoire hondurienne et en plus de la monnaie nationale, son nom a également été donné à un département et à une ville au Honduras.

Argentine, Uruguay et Brésil : une journée de l’ami grâce… Au premier pas sur la Lune

Pendant qu’en Colombie et au Honduras on célèbre des fêtes patriotiques, en Argentine, en Uruguay et au Brésil, le 20 juillet est dédié aux amis. Les trois pays d’Amérique Latine célèbrent, en effet, "El Dia del Amigo" ou le "Dia do Amigo" en portugais.

Si l’idée de dédier une journée à l’amitié n’est pas étonnante (en Belgique, elle a lieu le 30 juillet), ce sont plutôt les motivations qui ont poussé Enrique Ernesto Febbraro, ce dentiste, psychologue et écrivain argentin, à l’établir le 20 juillet qui sont intéressantes.

Comme plusieurs millions de personnes dans le monde, Febbraro passe son 20 juillet 1969 devant la télé, observant avec attention et émerveillement Neil Armstrong poser le premier pas sur la Lune.

Touché par ce moment spécial qu’il voit comme un "geste d’amitié de l’humanité envers l’univers", l’Argentin décide d’envoyer un millier de lettres à travers le monde, certains que si tous les peuples devenaient amis, ils deviendraient une nation imbattable. Il reçoit 700 lettres en retour et poursuit son rêve d’amitié internationale.

Après dix ans passés à promouvoir son idée dans les différentes sphères de la société argentine, son projet se réalise : en 1979, le décret 235 du gouvernement de la province de Buenos Aires établit la célébration de la journée de l’amitié tous les 20 juillet. Une date reprise par après par le Brésil et l’Uruguay.

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